La Cathédrale Ste Marie de Lombez (Gers)

Clocher octogonale, Lombez (Gers)
Clocher octogonale, Lombez (Gers)

La cathédrale fut originellement une église abbatiale romane bâtie au XIIe et XIIIe siècle. D’obédience bénédictine (moines de St-Thibéry), elle passa en 1125 sous la règle des Augustins de Toulouse. Ne se trouvant plus en rapport avec la dignité de sa promotion d’évêché (1317, sur décision du Pape Jean XXII) il convint de la dilater et rehausser ses murs afin de lui donner une splendeur nouvelle.

Inspirée de l’église des Jacobins à Toulouse, la cathédrale de Lombez date du XIVe siècle. Son style : gothique méridional (ou gothique toulousain). Elle est construite en briques, à l’exception de l’entrée ouest en pierre rajoutée plus tardivement dans un style gothique flamboyant.

Le clocher-tour octogonal à 5 étages à baies amorties en mitre (décalés), de 43 mètres, fut construit au XVe et XVIe siècle (l’église et le clocher font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1846).

Le premier clocher fut érigé par le premier évêque, Arnaud Roger de Comminges au XIVe siècle ; il s’élève à 41 m au-dessus du seuil actuel. A cette époque les chanoines de Lombez sont des Augustins de Saint-Etienne de Toulouse, ce qui explique sans doute la ressemblance avec le clocher toulousain et les piliers en forme de palmier aux nervures de pénétration si caractéristiques qui séparent les voûtes des deux nefs, comme pour l’église des Jacobins (modèle unique en Europe).

Il y a deux nefs de largeurs inégales. Le chevet de la grande nef (réservée au clergé) est pentagonal. La hauteur maximale des nefs était de 18 mètres, mais le sol a été rehaussé de 1,50 m pour le protéger des crues de la Save, affluent de la Garonne, souvent capricieux. Elles ont donc été ramenées à une hauteur de 16,50 mètres (par une trappe aménagée, on a vue sur la base d’un pilier). La petite nef était réservée aux fidèles.

Un remarquable mobilier épiscopal et quelques pièces d’époque romane notamment méritent qu’on s’y attarde.

Buffet d’Orgue du XVIIIe siècle

Les orgues, XVIIIe siècle
Les orgues, XVIIIe siècle

L’orgue, endommagé au cours d’un violent orage en 1631, subit une réparation de fortune par Tissac, organiste d’Auch. Messire Jacques Trémolières, prêtre et prébendier de la Cathédrale d’Auch, eut la charge le 22 août 1653, de doter Lombez d’un orgue neuf, livré le 22 décembre 1656. On peut voir les armoiries de Monseigneur de Chauvigny sous la tribune.

Restaurés en 1995, les orgues de Lombez font partie des instruments classés Monuments Historiques de la région Midi-Pyrénées.

Trois des vitraux (XV-XVIe siècle) sont attribués à Arnaud de Moles, maître verrier natif de St-Sever dans les Landes. Ils montrent des scènes de la vie du Christ et de la Passion. Ils ont été restaurés au XIXe siècle, époque de laquelle datent les autres vitraux

Arnaud de Moles et son atelier édifia les  18 verrières d'Auch. Sur un vitrail on voit en haut la crucifixion, la mise au tombeau et deux  évêques, l'oncle et le neveu (de BILHERES).

Vitraux attribués à Arnaud de Môle (XV-XVIe)
Vitraux attribués à Arnaud de Môle (XV-XVIe)

Les stalles dues à Jean V Daffis, commandées à Guillaume Fontan, occupaient le centre de la grande nef. Le travail commencé en 1651 s’est terminé en 1665. Découronnées des galeries et balustrades, elles furent repoussées dans l'abside sous Mgr Fénelon.

Ferronnerie de l'atelier BERTIN de Samatan qui put parfaire son art dans les ateliers de Versailles, l'évêque Charles Guillaume de MAUPEOU alors en place, étant le frère du chancelier de LOUIS XV.

Statuaire : Un Christ gisant en pierre du XVe, provient d’une mise au tombeau à 7 personnages, détruite au XVIIIe siècle. A l'origine, placé dans la Chapelle du Saint Sépulcre, à droite en entrant dans la cathédrale. On y voyait la Sainte Vierge soutenue par deux saintes femmes, deux autres apportaient des vases de parfum et Nicodème et Joseph d'Arimatie ensevelissaient le corps du seigneur. Ce groupe immense aurait été sculpté dans la première moitié du XVe siècle et pour le préserver des profanations, on aurait enterré ces personnages sous le porche.

Chapiteaux romans, XIIe siècle de l'église primitive, creusés en bénitiers et situés à l'entrée de la cathédrale. Ils appartiennent au préroman du VIIe siècle et le matériau de marbre gris proviendrait de la carrière pyrénéenne de Saint-Béat.

Comme pour les édifices toulousains, l'église a des mirandes (qui permet la vue) en haut des murs permettant de dégager un espace entre les voûtes de l'église et la charpente du toit pouvant servir à recevoir des habitants en cas d'attaque de la ville et de chemin de ronde pour la surveillance.

Grande nef
Grande nef

Dans l'analyse de la cathédrale, Paul Mesplé indique que celle-ci avait été prévue à deux nefs égales au moment de la construction de la première travée comprenant le clocher. C'est ce qu’indiquent des amorces de voûte et la forme du formeret contre le clocher qui est désaxé. Puis quand a été commencé la travée adjacente au clocher, le chapitre a probablement choisi de construire une cathédrale à trois nefs, une grande nef centrale et deux nefs latérales moins larges. Mais par manque de moyens financiers, seule la nef latérale nord a été construite. Pour permettre la construction ultérieure de la nef latérale sud, le chapitre avait prévu de construire des piliers pour supporter les ogives de ce côté. Cette construction n'a jamais été faite, même si le procès de 1719 faite par le chapitre à l'évêque montre que cette idée n'avait pas été oubliée.

La travée adjacente au clocher devait être terminée vers 1378. C'est ce que semble montrer la présence de la dalle funéraire de l'évêque Guillaume de Durfort, mort en 1378, dans la chapelle sud. La clef de voûte de la petite nef porte les armes de l’antipape Clément VII (1378-1394).

La construction a dû se poursuivre par la travée du chœur et l'abside de la grande nef. On peut constater que la nef de la petite nef devait être prévue moins longue qu'actuellement parce qu'une fenêtre côté nord a été murée. Une chapelle axiale dédiée à la Vierge devait être prévue entre les contreforts de l'est (on peut voir le départ des nervures à l'extérieur). Le style des nervures semble indiqué que cette partie de l'église a été construite à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle.

Les trois travées de la cathédrale comprises entre le chœur et la deuxième travée de la grande nef, et la petite nef jusqu'à son abside, ont été construites au XVe siècle.

L'église n'a été consacrée qu'en 1770. L'évêque Richier de Cérisy expliqua dans un mandement du 8 octobre qu'"après les recherches les plus exactes, il n'avait pu trouver aucune preuve, ni même aucune trace ni vestige que l'église ait jamais été consacrée".

Contact :

Office de tourisme de Lombez et environs : +33 (0)5 62 62 37 58

http://www.lombez-tourisme.com/

Sources