Ecriveuse de petits riens...

Mon credo
Mon credo

Je suis née en Afrique... La terre d'Afrique !

Toute petite, je mangeais la terre. Je voulais être la terre. Je la respirais. Elle sentait bon, elle était rouge.

Depuis j’écris pour la retrouver dans mes mots qui la ressuscitent.

Elle est en moi, elle est moi. Je suis née d’elle. C’est un peu cela que j’ai voulu raconter avec Grain de Bled. Grain de Bled, c’est mon âme qui a labouré le temps et l’espace pour s’en nourrir, se construire, avant de choisir de venir s’incarner en moi.

La terre d'Afrique. Elle est âme.

En Occident, je me sens nomade, passagère, dans l’expectative de je ne sais quoi. Ma maison, ce sont les mots. Sans eux, je ne suis plus seulement en exil, je deviens une naufragée. Je pourrais me noyer.

Alors, j'écris des histoires (nouvelles, romans...), des poèmes, et même des chansons. Mais aussi des petits riens de la vie de tous les jours, je prête ma plume aux gens, je raconte les faits et gestes du quotidien pour ma chronique journalistique.

J'ai appris qu'il n'y a rien d'anodin, rien qui ne soit inintéressant dans un sujet. Les êtres de rencontre me passionnent, me réchauffent le coeur. Ils ne le savent pas mais je les aime...

Une petite fille grave. Et triste.

Tendre enfance à Aïn-Béranis
Tendre enfance

Jusqu’à l’âge de 7 ans, mes compagnons étaient les djinns, les fées, les lutins, les anges, les petits enfants morts. J’avais une grande sœur de 3 ans mon aînée, et une tante à peu près du même âge qu’elle, qui me faisaient tout gober comme justement la présence des êtres invisibles.

 

Je dois à ma sœur d’aimer les cailloux et donc d’une certaine façon, d’avoir écrit « L’odyssée de Grain de Bled en terre d’Ifriqiya ». D’ailleurs je ne sais jamais résister à un caillou où que je sois, j’en ramène dans mes poches.

 

Ma sœur était une ensorceleuse de mots, un jour, elle me donna un petit caillou en me disant : « Aime-le très fort et tu verras, le prince qui est prisonnier à l’intérieur, sera libéré ». Et je l’ai aimé, ce petit caillou. Mais … aucun prince n’est apparu !

entrée de ma ferme Aïn Béranis
Entrée de la ferme de mon enfance

Ma première passion a été la lecture. La seconde en a découlé tout naturellement, l’écriture. Car on a envie de transmettre à son tour le plaisir reçu… J’ai une devise : « tout ou rien ». Je ne sais pas être tiède mais je n’hésite pas à brûler ce que j’ai adoré si je ne m’y reconnais plus. Ma seule fidélité, c’est envers moi-même. Dans mon cœur, je suis Algérienne mais l’Espagne de mes ancêtres coule toujours dans mes veines. Un beau métissage : du sang espagnol, un cœur algérien et une culture française. Et avec ça un amour pour la langue de Shakespeare !

 

Étant désormais de nulle part, je suis de partout. J’ai vécu à Londres, à Florence, à Paris. J’ai aimé New-York et j’adore un petit village de pêcheurs du nom de Toubab Dialaw. La vie a comblé ma soif d’amitié.

A Maman...

« A pleurer devant ma tombe, ne reste pas
Je ne suis pas là, je ne dors pas.
Je suis un millier de vents qui soufflent.
Je suis les reflets de diamant sur la neige.
Je suis la lumière du soleil sur le grain qui mûrit.
Je suis la douce pluie d’automne.
A pleurer devant ma tombe, ne reste pas.
Je suis ailleurs. Je ne suis pas morte. »

 de la Chamane Mama Chia (Le voyage sacré du guerrier pacifique, Dan Millman)

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Commentaires : 2
  • #1

    papa_deddine@yahoo.fr (mercredi, 16 septembre 2015 16:33)

    L’Étrangère…

    Quelques années avant ma naissance, mon père connut une étrangère récemment arrivée dans notre village.

    Mon père fut subjugué par elle, si bien qu' il 'invita à demeurer chez nous.

    L'étrangère accepta et depuis lors elle fit partie de la famille.

    Moi je grandissais, je n'ai jamais demandé d'où elle venait, tout me paraissait évident.

    Mes parents étaient enseignants : ma maman m'apprit ce qu'était le bien et ce qu'était le mal et mon père m'apprit l'obéissance.

    Mais l'étrangère c'était une conteuse, une enjôleuse.

    Elle nous maintenait, pendant des heures, fascinés par ses histoires mystérieuses ou rigolotes.

    Elle avait la réponse à tout ce qui concernait la politique, l'histoire ou les sciences.

    Elle connaissait tout du passé, du présent, elle aurait presque pu parler du futur !
    Elle fit même assister ma famille à une partie de football pour la première fois.
    Elle me faisait rire et elle me faisait pleurer.
    L'étrangère n'arrêtait jamais de parler, ça ne dérangeait pas ma Maman.
    Parfois maman se levait, sans prévenir, pendant que nous continuions à boire ses paroles. Je pense qu'en réalité, elle était partie à la cuisine pour avoir un peu de tranquillité (Maintenant je me demande si elle n'espérait pas avec impatience qu'elle s'en aille.)
    Mon père avait ses convictions morales, mais l'étrangère ne semblait pas en être concernée.
    Les blasphèmes, les mauvaises paroles, par exemple, personne chez nous, ni voisins, ni amis, ne s'en seraient permis.
    Ce n'était pas le cas de l'étrangère qui se permettait tout, offusquant mon père et faisant rougir ma maman.
    Mon père nous avait totalement interdit l'alcool. Elle, l'étrangère, nous incitait à en boire souvent.
    Elle nous affirmait que les cigarettes étaient fraîches et inoffensives, et que pipes et cigares faisaient distingué.
    Elle parlait librement (peut-être trop) du sexe.
    Ses commentaires étaient évidents, suggestifs, et souvent dévergondés.

    Maintenant je sais que mes relations ont été grandement influencées par cette étrangère pendant mon adolescence.

    Nous la critiquions, elle ne faisait aucun cas de la valeur de mes parents, et malgré cela, elle était toujours là !
    Cinquante ans sont passés depuis notre départ du foyer paternel.
    Et depuis lors beaucoup de choses ont changé : nous n'avons plus cette fascination.
    Il n'empêche que, si vous pouviez pénétrer chez mes parents, vous la retrouveriez quand même dans un coin, attendant que quelqu'un vienne écouter ses parlotes ou lui consacrer son temps libre…

    Voulez-vous connaître son nom ?

    > > Nous, nous l'appelons… Télévision !

    > > Il faudrait que cette belle histoire soit lue par tout le monde.

    Attention :
    Maintenant, elle a un époux qui s'appelle Ordinateur…
    …un fils qui s'appelle Portable…
    …et un neveu pire que tous : Lui c'est Smartphone !

    ********
    J'adore le tissage de mots et c'est à toi Maïa que j'ai pensé , en lisant le texte pour la première fois.

    ""Car c’est en se donnant qu’on reçoit"" tu le dis si bien dans la poésie. J'espère recevoir en échange des rayons de lumière concernant tes écrits.
    Tu as un style des plus magnifiques .
    Que Dieu te protège.

    Zinou de Blida

  • #2

    Maïa (mercredi, 16 septembre 2015 18:25)

    Merci Zinou de Blida ... merci pour ta fidélité en amitié ! Je t'adresse à mon tour des salutations toutes fraternelles.