Germaine Acogny, danseuse, chorégrpahe

"Il faut redonner l'espoir !"

Comment j'ai connu Germaine Acogny

J'ai rencontré Germaine Acogny il y a une trentaine d'années. Elle avait épousé mon "vieil" ami Helmut Vogt.

J'avais fait la connaissance d'Helmut dans les années 70, chez mon ami Raoul Coombes, aujourd'hui un éminent professeur, cancérologue londonien. Notre amitié date de ce temps-là. Tous trois, Raoul, Helmut et moi, rêvions de créer un espace pour les artistes dans le sud de la France...

Des années plus tard, Helmut est arrivé avec Germaine. Il ne se souvenait plus de ce pacte de jeunesse mais il en avait conservé l'esprit. Avec Germaine, ils voulaient implanter un lieu consacré à la danse africains en pays toulousain.

Et c'est ainsi que j'ai connu Germaine. Je l'avoue, elle m'impressionnait et m'intimidait beaucoup. C'est une femme hors du commun dont l'impact vous subjugue.

Elle avait cette délicatesse et cet infini respect de toujours s'effacer quand les occasions de nous revoir, Helmut et moi, se présentaient. Aussi la connaissais-je peu.

Et puis, en novembre 2012, je suis allée les retrouver à l’École des sables de Toubab-Dialaw, au Sénégal. Un séjour cadeau de Raoul et d'Helmut. Germaine, elle, m'offrait le "stage des aînés". Pour moi ce fut une renaissance mais aussi le bonheur de découvrir, outre l'artiste, la femme qu'est Germaine et une chose est sûre : je l'aime.

L'école des sables ? ... Le paradis !

L'Ecole des sables Jant-bi

Helmut et Germaine, Odyssud , Toulouse
Helmut et Germaine, Odyssud , Toulouse

Son ami, le président Léopold Sédar Senghor la présente en 1975 à Maurice Béjart. Tous deux sont sur la même longueur d'onde.
Béjart a un quart de sang sénégalais. Son père, c'est Gaston Berger, le philosophe français né à Saint-Louis du Sénégal, sa grand-mère s'appelait Fatou Diagne, c'était une métisse… Germaine dit :   "Je suis la fille noire qu'il aurait pu avoir. Il a trouvé en moi la fille qui a continué ce qu'il a commencé". Elle sera directrice de "Mudra Afrique" l'école créée à Dakar en 1977, et pendant cinq ans de fonctionnement, elle y a formé de grands noms de la danse africaine.

 On la surnomme "la mère de la danse contemporaine africaine". Elle a effectivement formé des Africains et des Européens. Sa technique est aujourd'hui universelle.

Avec l'homme de sa vie, mon cher Helmut,  sur une idée de Léopold Senghor, ils  ont créé l’Ecole des Sables, -Jant-bi -  

 

Véritable ambassadrice de la danse et de la culture de l’Afrique depuis plus de quatre décennies, Germaine Acogny a inauguré à Toubab Dialaw, au Sénégal, un lieu consacré à la danse moderne et contemporaine unique en Afrique : le centre international de danses traditionnelles et contemporaines africaines , l’Ecole des Sables.

Situé au bord d’une lagune protégée, le centre de danse a pour mission la formation professionnelle des danseurs et chorégraphes de toute l’Afrique. Et le développement des échanges culturels et chorégraphiques entre l’Afrique, la diaspora et le monde entier.

 

Affronter l'espoir - Songook Yaakaar de et avec Germaine Acogny

Avec son nouveau solo, Songook Yaakaar, Germaine Acogny nous livre une parole sur l’Afrique, ses grandeurs et ses failles, sans détour ni violence, mais avec courage. Dans ce solo, dansé, parlé, engagé et universel, elle prouve qu’elle reste une aventurière prête au risque. Il a été présenté en Première à  la Biennale de la danse, Lyon / France en septembre 2010 et a été retransmis par Arte Live Web (toujours accessible sous forme d’extrait sur www.numeridanse.tv).

Une tournée européenne a emmené Germaine Acogny en Belgique dans le cadre du Cinquantième anniversaire des indépendances africaines dont elle a été la marraine, en Allemagne, en Italie, en France et bien sûr au Sénégal en juin dernier (2013).

Récemment, en avril 2014, elle a dansé à Alger dans la cadre du festival de la danse. Voir article ci-après.

On peut voir le spectacle ici

"Il y a de très belles choses qui se passent en Afrique, et il y a des gens qui sont heureux en Afrique..." (Germaine Acogny)

La compagnie Jant-Bi

Tandis que « Waxtaan » a continué ses tournées à travers le monde : du 2 au 23 octobre 2010 au USA, en novembre 2010 et janvier 2011 en Allemagne, le Sénégal a accueilli en décembre 2010 la 3ème édition du Fesman, Festival Mondial des Arts Nègres. Un des points culminants de cette manifestation hors norme a été la représentation de la pièce les  Ecailles de la Mémoire par les Cie Jant-Bi et  Urban Bush Woman (New York) au Théâtre Daniel Sorano de Dakar et à St Louis.

 

Cette pièce s’est tissée à partir de la relation très étroite entre Jawole Willa Jo Zollar (Etats-Unis) et Germaine Acogny (France/Sénégal) et leurs compagnies respectives – les 7 femmes des Urban Bush Women de New York et les 7 hommes de la compagnie JANT-BI. Elle développe les thèmes de la mémoire, la résistance et de l’amour et fait apparaître les liens entre afro-américains et africains.

Master class de Germaine Acogny

Inspirée par la nature et le quotidien africains, Germaine Acogny crée des mouvements permettant de retrouver le « corps oublié », le sol, la terre, le rythme, le battement du cœur et de redécouvrir un nouveaux flux d’énergie
du corps. Son travail issu d’une synthèse de danses traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et de danses contemporaines occidentales révèle une approche spécifique de l’individu et tend à l’universel.

Quelle pêche cela procure !!!

Entretien avec Germaine Acogny

Passion livre..." la liberté dans la discipline"

En 1968, alors âgée de 24 ans, Germaine Acogny fonde son premier studio de danse africaine. De 1977 à 1982 la chorégraphe Germaine Acogny reçoit de Maurice Béjart la direction de l'école de danse Mudra Afrique. En 1980 elle écrit "Danse Africaine" qui sera publié en français, en anglais et en allemand. En 1998 la chorégraphe et son mari Helmut Vogt créent à Toubab Dialaw au Sénégal l'Ecole des Sables. Cette école organise des stages de formation professionnelle pour les danseurs d'Afrique et du monde entier.

Sa bio...

Avec Béjart (un clic sur l'image pour suivre le lien)
Avec Béjart (un clic sur l'image pour suivre le lien)

Danseuse, chorégraphe sénégalaise et française, Germaine Acogny fonde à Dakar en 1968 son premier studio de danse africaine. Influencée par l’héritage gestuel de sa grand-mère, prêtresse Yoruba, son apprentissage des danses traditionnelles africaines et des danses occidentales (classique, moderne) à Paris et New-York. Germaine Acogny a mis au point sa propre technique de Danse Africaine Moderne.

 

Entre 1977 et 1982 elle dirige Mudra Afrique, créé par Maurice Béjart et le président (et poète) Sénégalais L.S. Senghor à Dakar. En 1980, elle écrit son livre " Danse Africaine" édité en 3 langues. Après la fermeture de Mudra Afrique, elle s’installe à Bruxelles avec la compagnie de Maurice Béjart et organise des stages internationaux de Danse Africaine qui remportent un franc succès auprès du public européen.

Cette expérience est renouvelée en Afrique, dans le village de Fanghoumé, en Casamance (Sud du Sénégal). Des personnes en provenance de l’Europe et du monde entier s’y rendent. Germaine Acogny danse, chorégraphie et enseigne dans le monde entier et devient un réel émissaire de la Danse et de la Culture africaine. Son travail et sa personnalité sont immensément respectés en Afrique et dans le monde entier. Avec son mari Helmut Vogt, elle fonde en 1985 à Toulouse le Studio-Ecole Ballet-Théâtre du 3ème Monde.

En 1995, elle décide de retourner au Sénégal et de construire un Centre International de Danse Traditionnelles et Contemporaines d’Afrique.

 

En 1997, elle est nommé Directrice Artistique de la section Danse d’Afrique en Création à Paris et des Rencontres Chorégraphiques de Danse Africaine Contemporaine, fonction qu’elle assume jusqu’en septembre 2000.

 

En 2004 Germaine Acogny inaugure l’ECOLE DES SABLES, Centre International de Danse Traditionnelles et Contemporaines d’Afrique au Sénégal, qui devient un lieu d’éducation professionnelle, un forum d’échange et de rencontres pour les danseurs d’Afrique et du reste du monde. Depuis 1998, des stages de formation professionnelle de trois mois pour des danseurs et/ou chorégraphes sont organisés chaque année. Environ 30 danseurs de tous les pays d’Afrique sont réunis à chaque fois pour travailler et vivre ensemble.

 

En 2005 elle est invitée comme régent à l’UCLA (Université de Los Angeles).

Son solo « Tchouraï », créé en 2001, a eu un grand succès pendant ses tournées jusqu’en 2008. Il a été représenté en France (Théâtre de la Ville, Paris), Allemagne, Belgique, Hollande, Danemark, Italie, Etats-Unis (New York, Chicago) et en Chine (dans le premier festival de danse contemporaine à Shanghaï).

 

En 2003/2004, elle créé la pièce “Fagaala” sur le génocide du Rwanda pour sa compagnie JANT-BI. Il s’agit d’une co-chorégraphie avec Kota Yamazaki (Japon) pour 7 danseurs Africains, une fusion entre le Butoh, la Danse traditionnelle et Contemporaine africaine. La pièce rencontre un très grand succès à travers ses tournées mondiales (Europe, Afrique, Etats Unis, Australie, Japon).

 

En 2007, Germaine Acogny et Kota Yamazaki reçoivent un Bessie Award (Contemporary Dance and Performance Award) à New York pour cette chorégraphie.

 

La même année, son grand challenge était le travail sur la partie chorégraphique de « L’Opéra du Sahel », une importante création africaine initiée et produite par la Fondation Prince Claus (Pays Bas). La première était à Bamako en Février 2007, suivi par Amsterdam et Paris et une première tournée africaine en 2009.

En 2008, un autre travail chorégraphique important a été organisé sur une collaboration entre la compagnie Jant-Bi (7 danseurs hommes) et la compagnie Urban Bush Women (7 danseuses afro-américaines) de New York. Cette création “Les écailles de la mémoire – Scales of memory” a été créée par elle et Jawole Zollar, la directrice artistique des Urban Bush Women et a remporté un grand succès lors de ses tournées aux Etats-Unis et en Europe.

Sa dernière création, le solo « Songook Yaakaar » avait sa première à la Biennale de la danse de Lyon en septembre 2010.

Honneurs :

•En 1999, Germaine Acogny est décorée comme "Femme pionnière" par le Ministre Sénégalais de la Famille et de la Solidarité Nationale.

•Germaine Acogny est faite « Chevalier de l’Ordre du Mérite », « Officier des Arts et des Lettres » et « Chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur » par la République Française.

•Elle est également « Chevalier de l’Ordre National du Lion » et « Officier des Arts et des Lettres » par la République Sénégalaise.

•Le magazine africain “Jeune Afrique” a choisi Germaine comme l’une des 100 personnalités qui “font” l’Afrique.

•En 2004, Germaine Acogny reçoit une reconnaissance pour son travail par la Fondation pour les Arts Contemporains à New York.

•En 2009, elle est « Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres » de la République Française

•En 2012, elle est décorée « Commandeur des Arts et Lettres » de la République Sénégalaise.

Mon séjour à Toubab Dialaw, école des sables 2012

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