Marie Verdier : "Lola"

C'est un premier décembre 2005, journée mondiale de lutte contre le sida, que Lola a confié à Marie la tâche délicate d'écrire noir sur blanc son terrible secret. Une magnifique preuve d'amour, un cri poignant de l'auteur pour sa soeur Lola. Marie Verdier nous parle de façon touchante de Lola, contaminée par le virus HIV. Il naît de ces lignes un véritable condensé d'émotion.

Publié            1 juillet 2009
Pages            125
Reliure           Dos carré collé à couverture souple
Impression intérieure Noir & blanc
Dimensions (centimètres) 14,81 (largeur) x 20,98 (hauteur)
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Faisons une boule non pas de neige mais d'espoir en action !

 J’ai lu le livre de Marie, j'ai appris. Et c'est vrai qu'on a fini par banaliser, voire occulter cette maladie pour peu qu'on ait le privilège de ne pas avoir un proche qui soit séropositif.
Ce qui est  arrivé à Lola, aurait pu, peut nous arriver. Et à la place du "nous" rassurant, utiliser le "je" plus impliquant. Mais au-delà de l'information cruciale et de l'invitation à la vigilance, ce témoignage direct d'une amie nous amène à un retour sur soi, à ce regard que nous portons au malade atteint du virus du SIDA. Ce n'est plus le malade que nous regardons mais sa maladie, son terrible agent transmetteur, le fameux VIH. Il prend la place du malade et nous paniquons, nous nous enfermons derrière la peur de la contamination. Nous dépersonnalisons le malade et le traitons comme un... sidéen, un pestiféré, un lépreux...
En lisant le livre de Marie Verdier, j'ai éprouvé de la reconnaissance et de l'admiration. Reconnaissance de me renvoyer un visage inhumain à humaniser : le mien. Admiration car il faut une sacrée dose de courage pour dire et écrire ces mots terribles. Et si l'anonymat est aujourd'hui incontournable, faisons tous en sorte que ce livre voyage, bouge nos peurs qui fécondent nos (mauvais) comportements. Que très bientôt, un malade ose aller à visage découvert et soit seulement considéré comme tel : un malade. Même en milieu hospitalier.
La mission de Marie Verdier est bien là : humaniser nos regards, apprivoiser nos peurs en nous informant et nous aider à ouvrir grand nos cœurs. Un certain Nazaréen disait à ses amis : "ce n'est pas le pécheur qui est à condamner mais le péché." On peut échanger facilement les mots : ce n'est pas le malade qui est à craindre, mais le virus.

Message de Lola à GRAND CORPS MALADE, un soir de pluie

« J’avais envie de t’écrire car tous les deux on se ressemble ….

Un combat quotidien face à la différence nous assemble ….

 La vie ne m’a pas gâtée, souvent envie de me barrer …..

Me barrer loin, sans savoir ou aller, sans savoir ou me cacher.

Un sentiment de honte d’avoir fait l’amour dans un moment d’oubli.

D’avoir pas su dire stop avant d’gâcher ma vie

D’avoir choppé la mort, en faisant l’amour

D’avoir perdu mon corps p’être pour toujours …

La mort à p’tit feu coule dans mes veines mais j’ai envie de me battre pour effacer ma peine Chaque jour encore plus l’envie de cracher mon venin

Sans savoir ce qui me conduira vers mon lendemain

 Tu dis ce qui ne tue pas nous rend plus fort et j’avoue aujourd’hui tu n’as pas tort

 J’aimerais te parler de mon histoire, et te dire qu’il faut toujours garder espoir

Même si encore aujourd’hui et à mon grand désespoir

Cette putain de maladie tue bien des gens parfois même des enfants

 Tu auras surement compris de quoi je te parle à présent

Mais grâce à toi, je l’ai oublié un instant …

A toi Grand Corps Malade, bel exemple de la vie …..

Merci pour tes textes…

P’tit Slam laissé sur le livre d’or de Grand Corps Malade, un soir de spleen… » © Lola

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(extrait) Tout le temps de leur longue et tumultueuse liaison, elle s'est  protégée Lola, elle savait qu'elle pouvait attraper la mort. Excepté une nuit, lors d'un week-end en amoureux à Paris. Ils étaient bien, ils étaient heureux.

Ce jour-là, cette unique fois, il lui a demandé s'il pouvait se passer d'utiliser un pérservatif ; quelques petites secondes ont alors suffi pour répandre la semence contaminée. Acte d'amour irréfléchi ? Acte d'amour tout court ? Mirage de vie normale, suicide mental incontôlé ou incontrôlable ? Ou bien tout l'inverse : désir impossible d'enfant, l'envie de donner la vie ? Avoir un bébé de cette union que tout vouait pourtant à l'échec ?

Lola m'a révélé la vérité il y a peu. Le préservatif ne s'est pas percé comme elle me l'a dit et faire croire pendant très longtemps. (...)