Le papillon ensablé

Aux éditions Atlantis, mai 2016

ISBN 978-3-932711-49-7

 

28 mai 1977, Hossegor, Maïsée, jeune femme fragile psychologiquement depuis son enfance algérienne, disparaît mystérieusement laissant sa sœur Hélène et son mari Adrien, un ancien baroudeur, dans un profond désarroi. L’une dans l’île de Noirmoutier, l’autre dans les hautes terres de l’Hérault, ils s’enferment dans le passé et les regrets. En novembre 2007, survient Rachid l’Algérien. Il les entraîne dans un douar fantôme au pied de la Montagne qui chante où, durant trente ans, une autre vie s’est déroulée, peuplée de personnages baroques : Karima la meurtrière, Baba Antoine l’intégriste ; Ali l’innocent ; Majdala la fière Berbère, Qura la voix de la Montagne, et d’autres encore. Un roman traversé d’amours inavouées, difficiles et d’espérance, où « chaque jour est une victoire. »

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Notes de lecteurs

Cathy Bovagnet-Mignon, lectrice

Maïa, Maïa, Maïa... Lumineuse Maïa...
Je n'ai pas de mots pour dire à quel point ce livre est magnifique! 😍
Je viens de le terminer à l'instant, avec des vagues d'émotion J'ai appris, retrouvé, bref je viens de passer grâce à toi des moments inoubliables.
Merci, du fond du cœur

Blog de Pierre Dimech, auteur

19 novembre 2016

Je voudrais commencer cette mise à jour de Maltalger par un geste d'amitié un peu particulier envers deux amies - à toutes fins utiles, et pour sourire, je précise que c'est le geste qui est  particulier", pas les amitiés qui me lient à Maïa et à Marie-Jeanne !

Nous sommes tous trois de la même Terre, et donc, avant tout, de la même sensibilité. Nous sommes aussi liés par l'Ecriture, sous toutes ses formes. Maïa et moi avons commis quelques oeuvres, et Marie-Jeanne, inlassablement, par ses écrits aux fins de recension, contribue à l'écriture de tout ce qui se rapporte à ce pays qui nous a vus naître, grandir, aimer et souffrir, ayant partagé  " ce destin magnifique et cruel ", comme dit si bien le Manifeste algérianiste, texte fondateur que nous devons essentiellement à Maurice Calmein, que je salue fraternellement au passage.... 

Or donc, comme on disait autrefois, il se trouve que Maïa a récemment publié son dernier - mais je l'espère, pas son ultime, roman, au titre mystérieux : "  Le papillon ensablé ". Et tout naturellement, comme pour les précédents, Marie-Jeanne s'y est plongée, et en a tiré une recension qui fait pénétrer le lecteur au coeur d'une étrange aventure, qui nous entraîne loin de sentiers battus du récit classique qui a la blessure algérienne pour thème, par, surtout dans sa première partie, qui m'a personnellement fasciné, joue avec l'irréel, pour ne pas dire, avec le surnaturel. J'avancerais bien le terme de " surréalisme " pour en parler, si ce vocable n'avait pas été fréquemment dévoyé par son emploi à tort et à travers.

Mais voilà, cette recension ne paraîtra pas dans le périodique qui aurait du l'accueillir. Et tout cela, pour des raisons étrangères à l'oeuvre et à la personne de Maïa. Et à celle de Marie-Jeanne, bien entendu. Disons, pour garder un "flou artistique" que cette non-publication est un "dommage collatéral"....

Maltalger,cela va de soi, est totalement étranger à cette affaire, mais se trouve solidaire de Maïa: Quand on sait quels obstacles les auteurs de chez nous doivent affronter pour franchir le mur du Silence, le moins que l'on puisse faire, c'est d'accomplir le geste certes symbolique - vu le rayonnement restreint de notre blog - de ne pas contribuer à l'aggravation de ce silence dans nos propres milieux. J'ai donc demandé et obtenu l'accord de Marie-Jeanne pour évoquer sa recension.

 

"  Seule une soeur, ayant partagé le même passé dans une affection fusionnelle, peut comprendre chez sa cadette, les peurs, les hallucinations, séquelles d'un arrachement aux racines. Isabelle, alias Maïsée, jeune femme exilée de son Algérie natale, séjourne en 1977, avec sa soeur Hélène, au bord d l'océan, à Hossegor. L'atmosphère lourde d'angoisse et de mal vécu laisse présager des moments dramatiques..."

Ces moments commencent par un évènement carrément extra-naturel, que décrit Marie-Jeanne, qui va laisser le lecteur s'interroger: s'agit-il d'une vision onirique ? d'une métaphore à portée psychique? Ou bien, d'un basculement de l'histoire dans le domaine du pur fantastique? j'avoue que personnellement, j'ai été, lors de la lecture de ce passage (dès la parution du livre ) intrigué, dérouté, déstabilisé: je ne comprenais pas,et le rationnel en moi exigeait une réponse; mais en même temps, le goût du merveilleux, du fantastique, me faisait gamberger...dans le soleil ! (mais, à la suite de Maïsée, bien sûr ! )

Après avoir mentionné l'existence du mari de Maïsée, ancien Officier d'Indochine et d'Algérie - bigre, j'ai son nom au bout des lèvres...le nom de celui qui, bien réel, a sans doute inspiré le personnage du livre! Mais, Chut ! , Marie-Jeanne évoque la vie d'Hélène, qui elle, se trouve à Noirmoutier. Encore l'océan, n'est-ce pas ? Voilà qui est loin de me déplaire !!!...  

Je reprends le texte de Marie-Jeanne :

" Maïa Alonso traduit dans ses écrits toujours très riches et poétiques, un amour charnel pour sa terre natale. Maïsée dira en désignant Adrien ( son mari ) : "il n'est pas d'ici...il ne pourra jamais aimer mon bled comme je l'aime... Le bled est dans ma chair".  Elle laisse les acteurs énoncer leurs vérités."

Cette dernière annotation de Marie-Jeanne est capitale, et doit permettre au lecteur d'éviter de prêter à l'auteure des sentiments ou positions qui ne sont que ceux de tel ou tel de ses personnages...Sinon, on ne pourrait plus écrire de roman !!! . Et Marie-Jeanne arrive à sa conclusion :

" En promenant ses personnages entre rêve et réalité, l'auteure fouille les âmes, fait vibrer les sentiments, donne l'écho des souffrances.....Avec habileté et une grande sincérité, ce roman évoque avec tact un passé, en partie réussi et gâché, douloureux et dérangeant. Il met l'accent sur le drame psychologique récurrent de l'exil. Ceux qui l'ont vécu s'y reconnaîtront et ne manqueront pas d'en faire partager la lecture".

"Le papillon ensablé" a paru aux Editions d Atlantis. 230 p  22 €.

 http://maltalger.over-blog.com/2016/11/en-route.vers-noel.html#ob-comment-ob-comment-89418462

 

Marie-Jeanne Groud, chroniqueuse de la revue L'Algérianiste (recension censurée)

Seule une sœur, ayant partagé le même passé dans une affection fusionnelle, peut comprendre chez sa cadette, les peurs, les hallucinations, séquelles d’un arrachement aux racines. Isabelle, alias Maïsée, jeune femme exilée de son Algérie natale, séjourne, en 1977, avec sa sœur Hélène, au bord de l’océan, à Hossegor. L’atmosphère lourde d’angoisse et de mal vécu laisse présager des moments dramatiques. En effet Maïsée disparaît un soir, « en rentrant dans le soleil posé sur l’océan », sous les yeux de sa sœur. Son mari Adrien, ancien militaire en Indochine puis officier en Algérie très épris malgré une importante différence d’âge et une grande pudeur pour cette femme enfant retranchée dans son pays âme, « qui vit clandestinement dans un univers parallèle », la cherchera en vain avant de se murer, à Loubet, dans ses souvenirs du passé. Hélène, de son côté, se réfugie dans la solitude et le mutisme dans un séjour à l’île de Noirmoutier, volontairement étrangère à son entourage. Pourtant, une vie mystérieuse et rêvée va recommencer pour Maïsée, échouée et secourue miraculeusement, sur une plage de sa terre de départ. Elle va y retrouver des amis d’enfance dans un pays rêvé, devenu multiculturel et tolérant après des drames sanglants. Cette nouvelle vie permet, avec le recul, de longues réflexions entre les protagonistes, sur la cohabitation des religions et l’islam en particulier. Maïa Alonso traduit dans ses écrits toujours très riches et poétiques, un amour charnel pour sa terre natale. Maïsée dira en désignant Adrien : « il n’est pas un pétri d’ici …il ne pourra jamais aimer mon bled comme je l’aime… Le bled est dans ma chair». Elle laisse les acteurs énoncer leurs vérités. Devant le baroudeur engagé dans la guerre, la mère de famille fait remarquer : « nos hommes aussi sont allés défendre la patrie en 40. On aurait préféré garder nos maris, nos pères, nos frères…on aurait pu dire que c’était votre guerre, pas la nôtre… » - « Ceux là ne pensent qu’à la quille »répond l’officier. En promenant ses personnages entre rêve et réalité, l’auteure fouille les âmes, fait vibrer les sentiments, donne l’écho des souffrances. Des ombres politiques resurgissent dans les lignes d’Adrien « les grands criminels sont rarement désavoués par l’Histoire rédigée, comme nous le savons, par les vainqueurs, et, s’ils ont quitté l’avant-scène, en temps opportun et en odeur de sainteté, ils gagnent ainsi sur les deux tableaux ». Avec habileté et une grande sincérité, ce roman évoque avec tact un passé, en partie réussi et gâché,  douloureux et dérangeant. Il  met l’accent sur le drame psychologique récurrent de l’exil. Ceux qui l’ont vécu s’y reconnaîtront et ne manqueront pas d’en faire partager la lecture.

 

Edition Atlantis 230 p       22€

 

Évelyne Joly, violoniste dans l’orchestre de la RATP

Chère Maïa, Après un moment d'adaptation, le temps de rentrer dans l'univers proposé, j'ai été transportée par ce roman (Le papillon ensablé) d'autant plus que l'écriture y est merveilleusement soignée : riche vocabulaire, poésie, descriptifs des lieux et des personnages tels qu'on se sent vivre avec eux ; et la justesse des interrogations sur la vie, la mort, après divers évènements, recherche d'un chemin .....spirituel .....

 

Cette belle écriture, sensuelle, sensible est une symphonie de couleurs où s'expriment lucidité, souffrance et espérance.

 

Une oeuvre à relire pour continuer à découvrir, une oeuvre que je recommande aussi autour de moi : une oeuvre orchestrale, pleine de vibrations.

 

Bravo !

 

Evelyne.

 

Vérone Lix'elle

Vérone Lix'elle : Les Patchoulivres de Vérone

Le papillon Ensablé … Maïa Alonso

Quel plaisir de retrouver la prose de Maïa Alonso. J’ai adoré « L’odyssée de Grain de bled en terre d’Ifriqiya » 2013 , « Le soleil colonial -Au Royaume des cailloux » 2014, « Les
enfants de la Licorne » 2015 et je savoure « Le Papillon ensablé » … une prose poétique et pleine de sensibilité !!      p 76 « Au loin, le fleuve s’amuse à se frotter le nez contre les roches des berges. On entend comme des éclats de rire.« 

Un roman poignant … bouleversant … envoûtanttémoignage de ces « déracinés » d’Algérie, les « pieds- noirs » comme on les appelle !
p 55  » Son unique péché est celui d’être né sur
une terre d’adoption, choisie par ses ancêtres pour fuir leur vie de pauvres diables. Son crime, c’est de l’aimer, cette terre, su tierra querida, d’un amour hérissé de callosités, un amour qui leur ressemble, hommes venus de toutes les misères
éparses.« 

Un roman à plusieurs facettes fait de souffrances, de désillusions ….. mais aussi d’amour, de douceur, de sagesseapaisant !
Une belle quête pour retrouver malgré tout la paix intérieure !! L’auteure nous « promène » entre rêveréalité et peut être surnaturel !!

Un beau voyage au milieu de ces destins croisés … Maïsée , Adrien, Hèlène – Malionne, Rachid, Karima, Magdala … Baba Antoine … des rencontres … des amours compliqués et inavoués
des personnages très attachants !!

Maïsée et Adrien…Une belle histoire … tumultueusedouceviscérale et passionnée mais un Amour … effleurée du bout des doigts

Une balade dans le temps, entre passé et présent … et dans l’espace, Laï – Chau (en pays Thaï), … Le Bled algérien, Mascara, Takhmaret, le désert
Hossegor, Loubet (la porte des Cévennes), l’ Ile de Noirmoutier, …

De longues palabres sur la religion entre Rachid et Baba Antoine … Chrétiens et musulmans !

Quel plaisir aussi de retrouver Ma’Guapa et Yaminah « Le soleil colonial » … p 124  » J’ai bien connu la grand-mère qu’on appelait Ma’Guapa. Elle vivait ici même. Elle a dû rejoindre les champs célestes depuis le temps.
J’ai moi-même grandi ici auprès de ma grand-mère Yaminah.« 

Un roman à découvrir … Un roman aux Milles Émotions et Milles Sensations !!

Un beau message de Maïsée … : p 209  » Je ne conteste ni le Coran, ni la Bible, ni la Torah. Je ne les ai pas lus, je l’avoue. Non par paresse, mais par manque d’intérêt, ce que ni toi, ni le Père Saint-Antoine ne parvenez à comprendre. J’aime la poésie. La poésie, c’est la terre
de mon âme et je m’en nourris ici, dans ce coin perdu qui m’est devenu si cher. Je vis l’instant présent. »

p 19 « Le vent du large a soufflé dans le plumage des goélands, chargé de milliers de grains de sables glacés. Maïsée est pâle. …
– Si j’étais une mouette, je n’aurais pas peur de la nuit. Je pourrais toujours m’en aller d’un coup d’aile. Ailleurs. Voler après le soleil.
Inlassablement.
Les mouettes ont besoin de la côte, de la terre, de la nuit. »

p 37 « Je m’étale sur le sable, trempée de pluie, de sueur, de larmes.
Une claque de sable s’accroche à ma joue. Je me redresse péniblement sur les genoux. Je suis face à l’océan, mais il s’estompe dans la pluie, dans la brume. La plage est emprisonnée dans un halo humide. Aussi déserte que l’absence de Maïsée.
Quel dieu suis-je venue supplier pour me trouver ainsi agenouillée, secouée de sanglots ? Quel dieu bouffon me restituera mon ridicule ? Est-ce le grelot de son rire qui crève la brume ? »

p 38 « J’ai vu Maïsée rentrer dans le soleil posé sur l’océan.
Comme un papillon ensablé, enfin libéré. »

p 47 « Une bombe explose.
L’oiseau foudroyé tombe comme une pierre, est emporté avec les brindilles; les branches fracassées, les feuilles arrachées, à travers les jardins dévastés par l’orage.
L’adolescente offre son visage à la pluie chaude, martiale. Une langueur clandestine s’étale sur ses traits, écarte ses lèvres charnues, ranime comme un souvenir qu’elle ne
connait pas encore et qui empoigne son âme quelque part dans sa poitrine. Aucun geste connu, pas même deviné ou pressenti ne soulage la moiteur de cette après midi orageuse. Aucun visage
masculin ne s’interpose entre elle et sa langueur, mais une mystique sensuelle. Elle glisse dans la boue pulpeuse, gorge offerte à la pluie battante. Le sable gluant aspire les genoux durs, repliés en prière. L’extase exacerbe l’émoi
silencieux. »

p 51 « – Et puis, comment pourrait-on se reconnaitre dans l’image du sale colonisateur qui circule en métropole quand la grande majorité d’entre nous est si pauvre ? Eh oui, même parmi les « colons« , il y a des pauvres.
Et Vincente d’ajouter :
– On nous prend pour des capitalistes. Qu’est-ce qu’ils connaissent à nos tracas, les gens de chez vous ? La vie de colon, pour eux, c’est la vie de château. Qui connaît toutes nos vicissitudes ? Le travail éreintant sous
le feu du soleil, saccagé par un vol de sauterelles ou par un orage torrentiel, nos blés couchés, les promesses envolées … Vous qui nous voyez vivre, vous ne pouvez pas avoir cette image-là de nous. Vous voyez bien qui sont nos voisins dans cette rue. On
se connait tous, depuis toujours. Que l’on soit Juifs, Chrétiens, Musulmans. On s’entraide au besoin. C’est naturel. Alors pourquoi ça devrait changer? « 

p 54 « Miroirs interchangeables, la mère et la fille se tricotent des confidences à voix menue, dépourvues de sous-entendus, avec cet entrain particulier aux filles du soleil quand
le rire refoule au loin les orées du trouble.« 

p 55 « Terre cependant à jamais insoumise, tout comme le petit peuple bigarré qui se veut fraternel parce que la même pauvreté recouvre leurs rires sous le soleil, parce que la même
couleur patine leurs corps et leur langage inventé, mais qui ne peuvent être frères car les mémoires s’accumulent sous la poussière des siècles : elles alimentent dans de terribles recoins la rébellion
fratricide. Or, depuis longtemps, il n’y a plus de vainqueurs car le peuple reste le peuple. Ce sont les autres qui , de l’extérieur, manipulent les cordons, actionnent les leviers, fomentent les haines qui n’existaient pas. Cela s’appelle la politique.« 

p 73 « Le jour se lève … Le chant des oiseaux accueille la lumière du nouveau jour. Une clarté laiteuse caresse les vignes. Les mots, comme des galtes, s’écoulent doucement de mes doigts pour s’offrir à toi, Adrien.
Bonjour !
T’accueillir à ton retour du village, t’ouvrir le passage, être ce lacet de route qui t’accompagne un instant.
Être ta douche du matin, pour être partout sur toi. Ton fruit du réveil pour être partout en toi. Être tienne ... »

p 103 « Le plaisir … Chaque être porte sa propre musique. Pour que cette musique se libère, pour qu’elle habite l’univers tout entier, il faut un virtuose, certes, mais pas seulement.
Il faut, en soi, cette volonté d’atteindre une apothéose indescriptible. Vouloir le plaisir. L’en-deçà du plaisir. Au-delà même de l’intensité, les innombrables facettes de ce diamant incrusté dans chaque être de
chair. C’est une quintessence démultipliée qui fait rire et chanter la peau, l’être entier. C’est infiniment délicieux, écrivais-tu. »

p 116  » Elle crut avoir crié, mais aucune bulle de son n’avait franchi l’espace qui la séparait des deux personnages. L’air épais formait une muraille qui l’enfermait dans son silence. »

p 141 « Je ne me suis jamais intéressée à la religion et encore moins à la politique car je ne recherche que ce qui peut rapprocher et non ce qui oppose et déchire. Tu ne pourras
pas me faire changer d’avis et je ne pourrais pas te faire penser autrement, Rachid. Ces échanges sont vains, des mots jetés dans le vent. Des mots semeurs de colère. Je suis lasse de ces polémiques. »

« Un trou s’est ouvert au-dessus de l’Océan. Un trou de lumière.
Le soleil est là, repoussant les murs gris de la pluie. Il arrive au-devant de moi, grossit de plus en plus vite. Il est rouge sang, tournoie comme une plommée incandescente, surplombe les vagues tourbillonnantes, si proche qu’en étendant les doigt, je pourrais le toucher. Hypnotisée je demeure immobile, toujours à genoux. » p 37

Édition : EditionAtlantis

Genre : Roman, Témoignage

Publié en 2016

Michèle Lambert, poète, écrivain

Maïa, je viens de finir ton livre. Quelle originalité ! Pas une seconde je ne me suis ennuyée ! C’est une splendeur; l’écriture et le reste ! J’en ai eu des sanglots refoulés (...) à plusieurs reprises et la fin a failli m’être fatale c a d que les digues ont failli éclater…

 

C’est un livre plein de Poésie habitée par l’essentiel. Un livre, du coup, plein de Sagesse… par sa vérité, par la compréhension de « l’autre », l’Amour « du même », l’attachement à la terre qui fait « le manque aspirant » quand on est forcé de s’en éloigner… à moins qu’on ne trouve un être qui peut presque tout remplacer !

 

Je crois que c’est TON LIVRE, Maïa ! Celui que tout écrivain cherche tout au long de sa vie… et qu’il trouve rarement. J’en suis heureuse pour toi parce qu’il a dû te rendre heureuse à l’écrire et à le publier… (...)

Jean-Pierre Lledo, cinéaste

Ta tentative m’a fait pense à ce que j’avais essaye de faire en 1998 – 1999 lorsque durant une année j’avais filmé dans toute la France afin d’y rechercher… l’Algérie, cette Algérie multiethnique rêvée qui n avait jamais été en réalité, sauf à l’échelle des rapports interpersonnels ou dans certains lieux (syndicats, PC… et, encore, je me suis aperçu par la suite que même là, les choses n’avaient pas été si idéales que je le croyais)… Ce film  -Algérie mes fantômes- c’était comme ton roman, le lieu d’un deuil refusé (…) Je ne porterai donc pas de jugement sur la démarche qui t’est ou t’était sans doute vitale au moment de l’écriture et j’ai vu que tu avais commencé en 2012, et j’attends le prochain roman du deuil fait !

Ce qui m’a beaucoup intéressé là, c’était de voir comment tu t’y es prise pour régler dans la narration ce problème du refus du deuil…. Eh bien j’ai vu que tu t’étais permise toutes les libertés, allant à contre le temps, pour refaire de la vie après la mort…  Et pourquoi pas ! Une sorte de science fiction à l’envers !

Plus j’avançais  dans la lecture plus je me disais que malgré ces efforts désespérés de la narratrice pour corriger la réalité, c était bien de la mort dont il était question dans ce roman, dont tous les personnages sont marqués par l’infertilité, Majda elle-même n’étant qu’une  miraculée... C est donc un roman très dur et il ne t’a sans doute pas été facile de l'assumer ; fais donc bien attention à toi et au contrecoup ; car les auteurs sont souvent les derniers à comprendre qu’ils sont la 1ere cible d’une œuvre. Je ne sais pas si les Français apprécieront… Je ne suis pas sûr non plus que les PN accepteront la remise en cause que tu leur proposes et ce d’autant plus que l’lgérie réelle n’est pas prête à aller à leur rencontre, hormis des individualités … Ton roman est donc une vraie tragédie, cad sans issue et sans espoir (un beau film hongrois de Jancso  s’appelait ainsi ‘’Les Sans espoirs’’ ); il sera de toute manière une bouteille jetée à la mer pour les générations futures si l’islamisme ne s’empare pas de l’Europe….

Les Pieds Noirs ont eu juste le privilège d’être aux avants postes d’une histoire où l’islam symbolise l’intolérance...  Ils ont été à leurs dépens des précurseurs à faire l’expérience du rejet et de la mort. A ce titre, ils pourraient redevenir intéressants aux yeux des Européens… si quand ils ouvriront les yeux, ce ne sera pas trop tard pour ces derniers !!!!

Je t’embrasse très fort et merci pour ta belle écriture toujours poétique, à commencer par le titre Le Papillon ensablé qui dit parfaitement la tragédie des sables mouvants qui ne laissent pas une chance....

De Marcel Moens, lecteur Belge

Maïa Alonso : « Le papillon ensablé » Atlantis, 230 p.

Rencontrée régulièrement, nous sommes devenus amis et je lis tous ses livres avec intérêt.

 

La vie de Maïsée, enfant et adolescente en Algérie jusqu’aux évènements, ensuite en France, avant de retourner dans son pays natal, est remarquable et passionnante, malgré quelques retours en arrière perturbants. On y rencontre des personnages très attachants, des élans d’amour sublimes et des situations souvent dramatiques, tous et toujours décrits avec une remarquable sensibilité. C’est humain, profond, souvent poétique ; la réalité, le rêve ou l’imagination nous invitent à réfléchir, sans nous forcer. J’ose soupçonner Maïa de n’avoir dévoilé qu’une partie de ses souvenirs, de ses regrets ou de son imaginaire. Après quelques doutes en début de livre, je me suis laissé « emporter », par et avec Maïsée ! 

De Denise Lassartesse, écrivaine

Le Papillon ensablé, 4ème roman édité de Maïa Alonso- qui n'a certainement pas fini de nous entraîner dans son monde enchanteur foisonnant de mille sensations colorées, d'images odoriférantes de terre ocre, mais plus encore…

Creusant dans le dédale de vifs souvenirs, Maia nous emmène avec elle et nous dit l'Algérie, sa terre natale à laquelle elle rend hommage continûment, restaurant par l'écrit le royaume perdu de sa jeunesse, resplendissant sous une plume poétique, limpide, liquide, minérale et ondoyante, au style parfaitement maîtrisée.

On s'immisce dès les premières secondes de lecture entre Maïsée et Malionne. Deux sœurs. Deux cœurs qui palpitent sur des rythmes différents, l'un dérivant entre deux mondes parallèles - dont on ne sait s'il sont réels ou fantasmés, et l'autre subodorant l'impossible perte de cette sœur fragile, ardente dans ses attentes, trop souvent inaccessible.

Ceci pour les grandes lignes… car entre les lignes, surgit un monde féerique, envoûtant, peuplé de personnages où se mêlent spiritualité forte et questionnements existentiels, magnifique théâtre d'ombres et de lumière transcendées, dans lequel excelle notre narratrice démiurge et prophétesse. On s'y perd, on s'y prélasse, on court entre désert aride ou luxuriant, on fait corps avec Rachid, Baba Antoine, Majdala, on s'approprie leur quête métaphysique, on adhère à leurs rites séculaires, on se nourrit de leurs forces et de leurs faiblesses avec une délectation que seule une vraie romancière peut susciter.

Un livre à ne pas manquer. Un livre que je garde près de moi et que je prêterai aux chercheurs de pépites littéraires, loin des nébuleuses éditoriales qui trop souvent nous servent des succédanés filiformes et sans grâce auxquels, hélas, nous ne sommes que trop habitués.

Sortir des sentiers battus, voilà qui devrait toujours nous préoccuper et nous mener in-fine vers un enrichissement grandissant. Maïa est là pour ça.

Le Papillon ensablé

De Michèle Perret, écrivain :

Critique sur AMAZON  (et aussi Babélio)
Onirique et bouleversant

Dans le style éblouissant qui est le sien, Maia Alonso nous conte une histoire rêvée. A Hossegor, une jeune rapatriée d’Algérie, adolescente que son passé a fragilisée, s’enfonce dans la mer et disparaît dans le soleil couchant, sous les yeux de sa sœur. Les siens la chercheront longtemps, sa sœur et un mari épris mais incapable de toucher cette femme enfant.
Par un mystérieux périple, le temps s’abolit et, échouée sur une plage, la jeune Maïsée se retrouve dans un passé/présent onirique, entourée de ses amis d’enfance, dans une Algérie bucolique et pastorale, multiculturelle et heureuse, une Algérie qui aurait pu être et n’a jamais été, jusqu’à la catastrophe qui détruira cette bulle. Sous la protection de la divinité païenne de la montagne, Maïsée refera le chemin initiatique qui lui permet de retourner à son présent.
Ce livre peut aussi être lu comme un roman d’amour, mais j’y vois surtout la passion brûlante de l’auteure pour sa terre, non le pays perdu, mais celui dont elle a rêvé, ce « peuple en formation » dont elle parle si souvent. Et cette passion est si généreuse, si authentique que, même pour ceux qui ne la partageraient pas, cette étrange fable en devient un livre bouleversant.

Ce qu'en a pensé la poétesse Babou (Catherine Pallois)

Babou est une fidèle lectrice. Sur son blog, il y a ses notes de lectures et ses poèmes... je vous invite à la découvrir. Mais sa perception de mon roman difficilement classable est étonnement juste. En voici un extrait (pour l'article complet lire ici)

" Il s'agit d'un roman troublant, surprenant autant qu'envoûtant. Un roman d'amour éternel et sans faille. Un roman d'amour profond et le regret impérissable d'un pays perdu.

C'est une grande et belle histoire qui nous est contée avec beaucoup de poésie, au fil du temps et des maux qui passent ou ne passent pas. La grande Histoire de Maïsée et d'Adrien. Je classerai ce livre dans la catégorie des romans psychologiques de par les pensées développées jusqu'au plus profond de l'être, tous les personnages, toutes les actions sont décortiquées, l'esprit humain est surprenant parfois. Le lecteur suit Maïsée, Adrien, Hélène et chaque protagoniste qui se baladent entre la vie et la mort, entre le rêve et cette réalité parfois dérangeante mais toujours aussi troublante.

(...)

Il ne faut manquer aucun mot, aucune phrase, aucune page de ce roman, aucune pensée intime de chacun des personnages, le cheminement est important, le nôtre : celui du lecteur car il nous mènera à réaliser le mystère des disparitions dans les dernières pages seulement. Le lecteur est suspendu aux mots et aux visions de l'Auteure, à ses plus intimes remarques et pensées.

Le lecteur doit dépasser ce stade de l'esprit naviguant entre deux mondes étonnants.

(...)

Ce roman est un roman d'Amour avec un grand A.

(...)

Merci Maïa ALONSO pour ce travail fabuleux de résonance intérieure, un délice à lire avec une petite larme à l'œil parfois. Merci pour cette histoire extra-ordinaire et pour tout ce ressenti sur lequel tu mets des mots si troublants."

Françoise Gauthier, fidèle lectrice

Chère Maïa ! J'ai pris mon temps pour lire ton magnifique "bébé" Le Papillon ensablé car je voulais savourer chaque phrase, chaque mot. J'ai eu un plaisir fou. L'Amour est partout et cette lecture m'a fait beaucoup de bien. Amour de sa terre natale, amour de sa famille, de son mari et puis... tout ce rêve ! J'en avais besoin en ce moment... Merci Maïa ! Ecris nous vite un autre livre aussi beau. Françoise Gauthier

De Laurence Fontaine Kerbellec, écrivain

Maia Alonso nous entraîne dans une histoire d’amour complexe avec en toile de fond son Algérie natale.

A Hossegor, Maïsée reste fragile à cause d’un passé qui l’a bouleversé. Elle va disparaître laissant sa sœur et son mari en plein désarroi… Maïsée se retrouvera entourée de ses amis d'enfance, dans une vie simple et heureuse, dans une Algérie où les cultures sont différentes, complémentaires, contradictoires… Mais aussi dans un tel dénuement que sa sœur souhaite qu’elle rentre … Maïsée a été heureuse, le temps était comme figé. .. Sous la coupe de la Montagne protectrice, elle a fait son chemin intérieur et doit reprendre sa vie avec Adrien qui souhaite par-dessus tout la ramener près de lui corps et âme…

La passion de l'auteure pour sa terre est visible, sensible tout au long du roman comme si par touche elle nous indiquait un ressenti qu’elle ne peut s’empêcher de partager. Le roman est troublant, envoûtant. Le lecteur est pris dans le trio de tête malgré de nombreux personnages auxquels on s’attache au fil de l’histoire.

Je retrouve la délicate écriture de Maïa, des portraits généreux, des paysages décrits de façon idyllique, sa poésie. Où est le rêve ? Où est la réalité ? On est en haleine jusqu’à la fin…

Ce livre m’a donné envie de lire à nouveau son premier ouvrage « L'odyssée de Grain de Bled en Terre d’Ifriqiya », où l’on note toute la générosité et la sensibilité de l’auteure.

La Presse en parle...

LA DÉPÊCHE DU MIDI - GERS

Actualité Grand Sud Gers Samatan

 

 

L'écrivain Maïa Alonso dédicace son 4e ouvrage

Maïa Alonso dédicace son ouvrage : «Le Papillon ensablé»./Photo DDM, B. Z.

Maïa Alonso vient de terminer son quatrième ouvrage : «Le Papillon ensablé», faisant suite à «L'Odyssée de grain de Bled en terre d'Ifriqiya», «Le Soleil colonial au royaume des cailloux» pour lequel elle reçut le prix Terre d'Eghriss 2014, «Les Enfants de la licorne». C'est le moment de rencontrer cette artiste rayonnante de douceur et de romantisme pour une envolée de voyages et de rêves au fil des lignes de ce merveilleux roman. Un regard toujours tourné vers le monde et aussi sur son pays natal l'Algérie. Un pays de sable, doré de soleil, empli d'amour, de merveilles et de douceurs... Une façon d'écrire, bien propre à cette artiste ! Tel un papillon qui vous emporte au gré de tourbillons et d'aventures…

 

Première présentation

 

Pour cette première présentation à la médiathèque de Samatan, c'est avec beaucoup de bonheur qu'elle a accueilli son public ce mardi soir. «Je vous remercie tout d'abord d'être venus ce soir. Je suis très touchée et c'est avec beaucoup d'émotion, comme vous pouvez le constater, que je vais essayer de vous parler de mon livre», dit-elle. Puis elle raconta l'histoire de cet ouvrage qui commença il y a déjà plusieurs années par un voyage à Hossegor.

L'histoire d'une rencontre éveillant les sentiments d'un homme pour une enfant, Maïsée, fragile psychologiquement, qui le fascine et l'attire, suscitant un fort sentiment de culpabilité. Mais la vie étant faite de rencontres, leur chemin se croisa à nouveau. Devenue femme, et amoureuse de cet homme plus âgé qui l'aimait toujours, leur relation amoureuse resta platonique. De nombreuses péripéties vont les séparer, mais qui sait, au final, l'amour triomphera-t-il ?

 

La prochaine présentation et dédicace sera ce vendredi 27 mai, à 18 h 30, à la médiathèque de Lombez.

 

Maia Alonso vous attend nombreux pour partager avec vous ce livre de bonheur et de rêves.

 

A visiter : http ://www.maia-alonso.com ou https ://www. amazon.fr/Papillon-Ensable-Roman-Maia-Alonso/dp/3932711491

La Dépêche du Midi


LA DÉPÊCHE DU MIDI

Actualité Grand Sud Gers Samatan

 

Publié le 16/05/2016 à 03:50

Maia Alonso dédicace son 4e roman à la médiathèque

 

On connaît le talent d'écriture et de narration de Maia Alonso. Notre correspondante et amie publie ce printemps, aux éditions Atlantis, son quatrième roman, «Le papillon ensablé». L'histoire débute un jour de mai 1977 sur la plage d'Hossegor. Maïsée, jeune femme fragile psychologiquement depuis son enfance passée en Algérie, disparaît mystérieusement, laissant sa sœur Hélène et son mari Adrien, un ancien baroudeur, dans un profond désarroi. Trente ans plus tard, survient l'Algérien Rachid qui les entraîne dans un douar fantôme, au pied de la Montagne qui chante

Cette «enclave teintée d'onirisme», Maia Alonso l'a inventée pour nous conter cette «histoire rêvée» située en grande partie dans cette Algérie qui lui est si chère. «L'écriture me permet de rempoter mes racines en quelque sorte, et puis d'avancer.»

Pour autant, Maia Alonso, qui avait déjà touché les lecteurs au cœur avec «Les Enfants de la licorne» (Atlantis, 2015), ne voit pas l'écriture comme un remède mais plus comme une source de plaisir. «C'est difficile de déflorer le roman qui est bâti sur un certain mystère et s'étale sur trente années. L'héroïne ne sait pas trouver sa place dans le réel et se réfugie dans l'écriture. C'est aussi une histoire d'amour.» Et, comme le titre le suggère, un récit teinté de poésie.

Maia Alonso dédicacera son roman mardi 17 mai, à 18 h 30, à la médiathèque de Samatan. Elle sera le 27 mai à la médiathèque de Lombez (18 heures) et le 5 juin à la journée des arts de l'association Partage et Savoir, toujours à Lombez.

P.-J. P.

 

Quelques extraits ...

À la mémoire de mes frères d’âme,
le Père Norbert Poupeney et Jo Sohet.


À mes petits-enfants Christina et Raphaël.

Vivre, c’est s’obstiner à achever un souvenir. René Char

Ce roman se présente en trois parties. La première , c'est la mise en bouche. Les jalons sont posés, les personnages sont éclairés par les analepses. Tout tourne autour de la fascinante personnalité de Maïsée, passionnément aimée, qui disparaît mystérieusement dès le début de l'histoire. La 2ème partie ressemble à un rêve. Dans un douar fantôme... On est entre deux mondes. Mais subrepticement, à la suite des personnages, on va quitter le flou pour s'enraciner dans le réel. Les paysages sont tout autant importants que les personnages. Ils ont goût de terre et de lumière. La 3ème partie, final en apothéose : c'est l'âme de l'ensemble. Une mise en page soignée lui sert d'écrin. Des mots posés, sculptés dans la lumière...
Difficile d'en parler plus précisément sans casser le mystère voulu par l'histoire même. On se laisse emporter par ce grand rêve d'amour, et comme l'héroïne, on peine à faire la part du rêve et de l'éveil.

Photo M. Alonso  - Toubab Dialaw, Sénégal - une pluie d'éphémères sur la plage... decembre 2012
Photo M. Alonso - Toubab Dialaw, Sénégal - une pluie d'éphémères sur la plage... decembre 2012

On y aborde également l'Islam et le christianisme, chaque religion défendue par son adepte, toujours dans le respect et la bienveillance.

 

L’œuvre de la colonisation en Algérie trouve aussi ses partisans et ses opposants... Des points de vue qui s'affrontent sans haine mais avec passion...

 

Un roman qui fait corps à sa façon avec l'actualité.


 

L’homme-oiseau danse tout autour de l’enfant endormie au bord de l’oued, peut-être échappé de son rêve.
Il n’a pas de visage, mais un masque de peau tannée et vernie au nez de rapace d’où filtre un regard transperçant.
Le corps revêtu d’un plumage multicolore à dominante émeraude et or, il élève les ailes dans l’espace ocré et vibrant d’une aube incertaine, libérant de son ample cape – qu’il fait virevolter par-dessus l’enfant – une nuée de petits papillons blancs.
Il danse lourdement sous cette neige d’éphémères, tapant du pied comme pour se réchauffer ou chasser les mauvais esprits, en fredonnant un chant très doux aux sonorités indéchiffrables.
Quand l’homme-oiseau s’est dissipé dans le silence bleu du petit matin, reste un papillon qui se débat dans le sable rouge de l’oued à sec.

 


La première phrase : "Quand on implore : tu es à moi ! on voudrait que ce soit pour toujours.                                                                                                                     Maïsé… Signature inachevée au bas de son message, elle froisse le feuillet, l’enfonce dans la poche de sa veste.

1ère partie -

- Le papillon ensablé; - derrière le mur; - la gardienne du Bois de la Chaise

D'abord à Hossegor, en 1977
D'abord à Hossegor, en 1977

P.16 -

L’avenue des Pelotaris remonte lourdement vers l'océan. Derrière nous, la ville dépeuplée s’enfonce dans le néant, hors saison. Le moindre bruit des hommes résonne comme un reproche, révèle une culpabilité ancienne. Gare à qui fait claquer sa voix. La solitude ne veut pas être dérangée.

P.17 -

Maïsée a rejeté tout ce qui pouvait ternir son approche de l’océan. Elle avance les yeux clos. Ses pieds écrasent le sable rond qui roule sur les planches en bois disjointes. L'air trop frais soudain, langue salée, caresse nos épidermes de citadines. Un frissonnement ondoie sous la chevelure de Maïsée. J'ai la chair de poule. Sa main se referme durement sur la mienne. Enfin, elle ouvre grand son regard d'amour.
Il est là.
Nous nous tenons face à lui, pour qui elle est venue. L’Océan !

Plage Toubab Dialaw - photo M. Alonso
Plage Toubab Dialaw - photo M. Alonso

- Derrière le mur : au pied du Pic St Loup - Hérault -

Le Pic St Loup - en 2007
Le Pic St Loup - en 2007

P.39 -

Adrien goûte à la fraîcheur de son jardin. Senteurs de terre mouillée, de roses alanguies sous les perles de l’arrosage. Un peu de boue macule ses sabots. Il range le tuyau, frotte ses mains sur le tissu rêche de sa vareuse. Sa tête dépasse la clôture. Il regarde vers le pic Saint-Loup. Le ciel rougeoie. Un papillon tremble dans la lumière douce du cou-chant. C'est l'heure du bonheur, fragile, fugitive. L'instant de grâce. Pause qui aide à avancer parmi les encombrements des souvenirs à vif.

Mais aussi au cours des flashs back en Indochine (1954) ...

Lai-Chau
Lai-Chau

P.41 -

Adrien Raffel attend le point du jour, tapi dans les herbes à éléphants. Il veille. Le cœur battant. Toute son attention aux aguets interroge le moindre bruit, le moindre mouvement. L’immobilité dure depuis des heures. L’eau coule dans son dos, imprègne sa chemise. Peur, moiteur. Il a vingt ans. Cela fait huit mois qu’il a été affecté au nord, en pays Thaï, dans le district de Lai-Chau près de la frontière chinoise,...

... et en Algérie (1958-1962)

© Marie-France de la Cochetière (suivre le lien pour son site)
© Marie-France de la Cochetière (suivre le lien pour son site)

P. 55 -

Tôt ce matin-là, les pêcheurs remaillent les filets et Maïsée se glisse subrepticement sur le balcon de l'hôtel pour épier les gestes lents et sûrs de leurs mains burinées, noires et alertes. Elle suit le mouvement de leur dos penché, la rondeur musclée et lisse de l'épaule, la ligne incurvée du cou incliné sur l'ouvrage. Les pêcheurs rient de la voir pudique et hardie, à peine dissimulée derrière le rideau du bal-con, en tricot de coton et culotte blanche Petit Bateau. L’œil en coin, ils lui adressent quelques compliments croustillants, des piropos, dont elle ne perçoit pas le sens.

Et puis à Noirmoutier, au Bois de la Chaise... (2007)

Le pin et le chêne entrelacés au bois de la Chaise -
Le pin et le chêne entrelacés au bois de la Chaise -

P. 99/100 :
C’était le premier jeudi de septembre. L’été s’étirait mollement sur l’île. Les touristes se faisaient plus rares. On respirait mieux. En début de matinée, Hélène avait fait son petit tour dans le bois. Elle retrouvait un peu de vigueur depuis que Magali la forçait à sortir. Et puis elle renouait avec son rituel : venir méditer auprès des deux arbres enlacés, le pin maritime et le chêne-vert, une étrange union qui attisait les curiosités. Mais à cette heure matinale, elle avait peu de chance de croiser des gêneurs. Le bruissement des houppiers accompagnait le bruit de ses pas comme un murmure provenant d’êtres facétieux. Elle tournait la tête de temps à autre, non pas pour voir si elle était suivie, mais pour tenter de distinguer ses mystérieux compagnons de l’invisible. Peut-être que si elle se montrait plus vive, elle capterait un visage ? Pourquoi les hôtes si inquiétants de Maïsée n’étaient-ils jamais venus la hanter ?
Elle arriva auprès des deux arbres, les vedettes du Bois de la Chaise. Elle caressa l’écorce noirâtre du chêne dont les écailles finement fissurées lui râpaient le bout des doigts. Plus ondoyantes étaient les larges écailles du pin, dont la couleur d’un rouge tirant sur le brun dénotait son âge avancé. Lequel avait le premier enlacé l’autre ? À sa façon de s’élancer le long du chêne, Hélène pouvait dire que c’était le pin qui avait saisi l’occasion d’enserrer le gland qui allait se développer, devenir ce bel arbre majeur et fier. Leur mutuel emprisonnement l’impressionnait. Immanquablement les deux arbres la ramenaient à son obsession quotidienne : Maïsée et Adrien...

2eme partie -

- Le retour; - Le chant de la Montagne

1977 - 2007

Pour cette partie, pas d'extraits afin d'en conserver le mystère...

3ème partie

Fragments de vie. Le cahier de Maïsée

Jeudi

_______________________________________________________________
Tu es précieux et je t'aime de plus en plus les bras ouverts.
Sans porte, ni fenêtre.
Sans murs, au vent du large, au feu du brasier.
Le bout des doigts qui frissonne du toucher de ta peau à jamais inaccessible, tel le Graal.
Quand l’Amour dépasse l’amour.

P. 226

- Lexique

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Cela me ferait tellement plaisir si vous laissiez un petit commentaire !

Commentaires : 6
  • #6

    Maia (mercredi, 10 août 2016 17:07)

    merci chère Coco !!! des mots qui rassérènent et en ce moment j'en ai grand besoin !

  • #5

    Colette JAEN (mercredi, 10 août 2016 15:01)

    Un très beau roman, bouleversant d'amours, mais aussi de souffrances... mais aussi de sagesse...et toujours l'attachement de l'auteur à sa terre natale, à son pays perdu. On se laisse bercer par la mélodie des mots, quelle belle écriture, si poétique! On retrouve toute ta sensibilité, Maia, merci, ce fut une fois de plus un délice de te lire et....j'attends avec impatience "Le Rève assassiné"!

  • #4

    Maia (mercredi, 25 mai 2016 23:09)

    Merci Laurence! Cela fait tellement plaisir de sentir circuler une forme d'harmonie entre l'auteur et son lecteur/sa lectrice ! C'est important vraiment .

  • #3

    laurence kerbellec (mercredi, 25 mai 2016 21:51)

    Maia Alonso nous entraîne dans une histoire d’amour complexe avec en toile de fond son Algérie natale.
    A Hossegor, Maïsée reste fragile à cause d’un passé qui l’a bouleversé. Elle va disparaître laissant sa sœur et son mari en plein désarroi… Maïsée se retrouvera entourée de ses amis d'enfance, dans une vie simple et heureuse, dans une Algérie où les cultures sont différentes, complémentaires, contradictoires… Mais aussi dans un tel dénuement que sa sœur souhaite qu’elle rentre … Maïsée a été heureuse, le temps était comme figé. .. Sous la coupe de la Montagne protectrice, elle a fait son chemin intérieur et doit reprendre sa vie avec Adrien qui souhaite par-dessus tout la ramener près de lui corps et âme…
    La passion de l'auteure pour sa terre est visible, sensible tout au long du roman comme si par touche elle nous indiquait un ressenti qu’elle ne peut s’empêcher de partager. Le roman est troublant, envoûtant. Le lecteur est pris dans le trio de tête malgré de nombreux personnages auxquels on s’attache au fil de l’histoire.
    Je retrouve la délicate écriture de Maïa, des portraits généreux, des paysages décrits de façon idyllique, sa poésie. Où est le rêve ? Où est la réalité ? On est en haleine jusqu’à la fin…
    Ce livre m’a donné envie de lire à nouveau son premier ouvrage « L'odyssée de Grain de Bled en Terre d’Ifriqiya », où l’on note toute la générosité et la sensibilité de l’auteure.

  • #2

    Maïa (samedi, 30 avril 2016 07:49)

    En écho, mon merci. Si important de connaître le ressenti à la lecture de mon roman... ! Je sais que cette histoire est assez déroutante. Moi-même je l'ai suivie avec appréhension car ce sont mes personnages qui conduisent mon imagination. Je n'invente rien : ils le font d'eux mêmes et se servent de moi pour prendre vie. Une vie de papier qui, pour moi, est bien réelle. De temps en temps je reprends mon livre et l'ouvre au hasard, juste pour passer encore un instant avec les uns et les autres... Ils me manquent au point que j'envisage une suite mais ce sera pour plus tard. J'ai un nouveau bébé en chantier ! Alors merci Anne !

  • #1

    CHARBONIER Anne (vendredi, 29 avril 2016)

    Je viens de lire ton livre Maia, au début j'ai été désorientée et puis au fil des pages , je me suis surprise à être captivée , jusqu'à me sentir emportée à mon tour .Je me suis imprégnée de tes personnages et me suis fondue en eux sans m'en rendre compte.J'ai vécu leur histoire.
    Oui j'ai vraiment aimé .Maia , puisses tu continuer à nous faire rêver avec tes mots .
    Pour moi un seul :Merci
    Anne