Absence

Si mon esprit est loin, ce lieu l’est aussi (Tao Yuanming)

 

L’absence ne s’inscrit pas dans l’échelle du temps. Parce qu’alors ce serait trop insoutenable. Never More. Plus jamais. Et le souffle nous manque…

 

 Mais l’absence est encore plus cruelle là où elle se niche : dans le présent parce qu’alors on cohabite avec elle…

 

Parler de l’absence, c’est parler de l’amour. L’amour délogé de ses contours charnels.

 

Parler du charnel ce n’est pas s’en tenir à l’épiderme, ce lieu du sentir ; c’est aussi parler de tous ces plans qui font de nous cet être spécial, unique, qui se voit et se sent vivre.

 

L’être est parti mais l’amour demeure, implosé. Implosant.

 

Et je me fais toupie, et je me fais vertige.

 

Je porte les stigmates de toutes les absences qui m’ont conduite à ce « maintenant »…

 

Vivre avec l’absence n’a rien de passéiste, ni de nostalgique.

 

L’absence, c’est juste la présence qui se repose en nous attendant…

 

©Maïä Alonso