Ultreïa ! E sus eïa !... (Plus haut ! Plus loin ! )

 

Je ne sais pas compter. Je n’ai jamais su… Je me dis : 1993 – 2008, ça fait donc déjà si longtemps ?! Depuis l’instant où votre voix est entrée en moi, par la radio, il y a… mais je viens de dire que je ne sais pas compter ! Longtemps, très longtemps : j’avais 17 ans.  Depuis cet instant, vous avez habité ma mémoire, mes rêves, mes attentes.

Et vous ne m’avez jamais déçue !

Karmique ? Vous avez dit karmique ? La télépathie… c’était notre moyen le plus efficace de communication ! Bien avant le courrier électronique, nous étions émetteurs et récepteurs à tour de rôle l’un pour l’autre… instantanément.

Il y en a eu des retrouvailles ! A Paris, à Londres, dans les Cévennes, à Toulouse… 

J’entends votre voix profonde. Elle est inscrite en moi, comme votre regard de braise qui m’a fait inventer le mot  ardence  pour essayer de vous définir.

Vous disiez que j’étais votre« repaire poétique », vous étiez mon  « Repère »…

Nous avions nos vies, nos amours. Mais toujours, ces retrouvailles festives arrachées à la destiné. Une mesure de plus, cuillère de miel pour la route…

Oh ! Que vous me manquez par moment ! Jusqu’au vertige ! Vous que je n’ai jamais tutoyé parce que, si on peut tutoyer les étoiles, on ne tutoie pas l’Éternité !

Je suis bombardée de flashs : vous, et le trac avant d’entrer en scène ;vous, entre deux séquences de tournage, venu partager un rire tendresse en ma compagnie ; vous, dans les rues de Paris ou de Londres, et puis et puis… J’aimais vous écouter, vous regarder, me sentir exister par votre propre chair en ces fulgurants instants, ensemble…

Lorsque je revenais d’une de nos retrouvailles festives, mes plus proches le devinaient à la lumière dans mon regard. Je transpirais cette lumière qui me venait de vous, mon unique.

Votre âme ne connaissait pas le repos, ni la satisfaction de la notoriété. Vous étiez en constant souci pour les autres.  Votre âme était avide d’absolu.  A vous écouter, vous l’athée, je me disais : comme il cherche Dieu ! Et vous vous étonniez de ma foi en cette lumière qui transgresse la mort.

Et puis, la Maladie.

Et vous avez fait le saut définitif, vous aviez 59 ans… Vous m’avez laissée sur le bas côté du chemin. Et voici que je vis entre deux mondes. Parfois je le sens, vous me tenez encore la main… comme en cet instant où notre vie défile dans mon cœur.

Je voudrais juste encore une fois danser avec vous sur cet air « Smoke gets in your eyes »… et peut-être,doucement, m’envoler avec vous Ultreïa ! E sus eïa !... «Plus haut ! Plus loin ! », comme dit Sara  et avec elle, les pèlerins qui font le chemin de Saint-Jacques… le chemin d’une vie !

Bon anniversaire à la vie Autre, mon Inoublié !

 

©Maïa Alonso, 2008

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Commentaires : 2
  • #1

    Sara Do (lundi, 24 mars 2014 21:27)

    Pourquoi les larmes coulent de mes yeux à te lire, tellement émue je suis. Touchée par tes mots forts en t'aime et la force de ce chant si beau qui les accompagne. Cette histoire qui n'appartient qu'à toi et la force de ces mots à la fin qui résonnent à mon coeur " Ultreïa ! E sus eïa ! "
    D'étoilement... Merci Maïa ♥

  • #2

    maia-alonso (lundi, 24 mars 2014 23:09)

    C'est à toi chère Sara, que je dois ce titre... Toi dont le passage ici a laissé des étoiles...