Les  Imazighen, hommes libres ou Berbères

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Une épopée !

Les Berbères (en berbère Imazighen, et au singulier Amazigh) sont un ensemble d’ethnies autochtones d’Afrique du Nord. Ils occupaient, à une certaine époque, un large territoire qui allait de l’Ouest de la vallée du Nil jusqu’à l’Atlantique et l’ensemble du Sahara et y fondèrent de puissants royaumes, formés de tribus confédérées. Connus dans l’Antiquité sous les noms de Libyens, Maures, Gétules, Garamantes ou encore Numides, ils connurent ensuite la conquête romaine, la christianisation, l’invasion vandale, la conquête arabe et la conversion à l’islam. Par contre chez les Touareg, c’est la femme qui choisit son futur époux. Les rites de mariages sont différents pour chaque tribu. Les familles sont soit patriarcales ou matriarcales, selon la tribu.

La femme est l’égale de l’homme

Les femmes détiennent un pouvoir absolu à l’intérieur de la tente. Depuis les invasions arabes, convertis, les berbères pratiquent l'islam, mêlé d’animisme. Hérodote (484-425 av. J.-C.) dit que les Maxyes — les Berbères — prétendent descendre des Troyens.

La Kahina

Au VIIe siècle, Dihya (en arabe : sage, stratège), ou la Kahina ( "prêtresse" en arabe), est une reine guerrière berbère, qui unifia les tribus amazigh pour résister aux invasions islamiques. Elle gagna de nombreuses batailles et mit en échec les musulmans pendant cinq ans. Dihya, Tadmayt ou encore Tadmut pourrait signifier tout simplement « La belle gazelle ».

La reine unifia les tribus berbères de l’Ifrikiya : de la Méditerranée au Sahara, de l’actuelle Tunisie jusqu’à l’actuelle Algérie.  En 697, elle écrase l’armée d’Ibn en Nu’man près de l’Oued Nini, à 16 km d’Aïn al Bayda (est de l’Algérie). Les troupes imazighen font tant de victimes que les musulmans appelèrent le lieu « Nahr Al Bala », ce qui se traduit par « la rivière des souffrances ».

Extrait du livre "L'odyssée de Grain de Bled en terre d'Ifriqya" de Maïa Alonso (L'Harmattan, 2013)

Histoire de la Kahina vue par Grain de Bled

L’aube nouvelle va provoquer une pluie de cendre sur le monde qui se voile la face. La grande prêtresse, la devineresse, la reine Dihya, vénérée de son vivant sous le nom de Kahena c’est-à-dire l’éclairée de dieu, adosse son ombre à la dune d’où émerge la silhouette d’un puits.
– Cette invasion me fait tourner les sangs alors que toi tu es là, témoin impassible. De quel bord es-tu, grain de sable ?
– Que le dieu des dieux te comble de sa parfaite bénédiction, ma Reine, rétorque Grain de Bled offensé. Je suis parcelle de cette terre et à ce titre ne puis prendre
parti. J’intègre toute son histoire sacrée et me reconnais comme son héritier direct.
– Moi aussi je suis sa fille. Je lui ai donné et mon cœur et mon âme et ma chair qui dort désormais dans ses entrailles, excepté ma tête, hélas ! Je l’ai toujours su. Ne
m’appelle-t-on pas même encore aujourd’hui la divine Kahena, féminin de Cohen qui signifie prêtre dans ma tribu ? Moi, la reine qui lit dans les étoiles, j’ai étendu ma domination sur Ifriqiya !
Les chacals qui jappent dans le désert au crépuscule en
cohorte persifflent à la ronde :
– C’est ce qu’avait prédit notre reine qui a accepté la perspective de mourir le jour où elle a pris dans ses murs pour en faire son fils bien-aimé, le magnifique Khaled
cousin d’Hassan son implacable ennemi, chef musulman comme lui.
Très intimidée, une femelle aux mamelles pendantes, chef de la meute des chacals, est apparue ; mais elle se tient à bonne distance des deux formes rendues floues par la chaleur des pierres concassées. Dihya la salue :

– Ô fille des sables au regard jaune découpé dans l’ardeur du soleil, tu as de haute lutte emporté le droit de mener ta meute. Tu survis à l’heure de ma mort. Et tu
continues de chanter à la postérité les exploits de la Kahena ! J’appelle sur toi et ton innombrable progéniture à travers tous les temps et les temps, les bénédictions de la divine Tanit, Mère déesse parfaite, Celle qui m’a accueillie près d’elle dans le séjour des entrailles radieuses de la terre d’Ifriqiya.
Tassadit, la femelle chacal, fait deux ou trois pas en leur direction puis s’assied et se lèche la patte comme si elle était seule au monde. Cette rencontre fortuite l’honore grandement aussi s’emploie-t-elle à dissimuler avec délicatesse son émotion. Grain de Bled n’est pas dupe de la manœuvre, il insiste :
– S’il te plaît, Petite Mère, toi qui œuvres à purifier l’étendue du monde en te nourrissant de ses charognes immondes, je suis venu pour écouter l’histoire de notre Reine bien-aimée.
– Alors, alors...
Tassadit tousse un peu :
– Je suis désolée. Est-ce que tu attends depuis longtemps ? Bah, je ne le pense pas car tes joues sont imberbes et ton cheveu est de jais.
– J’étais là au premier jour et je serai encore là au dernier jour quand ton squelette se sera dissout depuis des millénaires dans l’oubli. Je suis Grain de Bled.
L’inflexion de la dernière phrase accuse une fierté qui fait dérailler la voix semblable à un bâton de pluie.
– Je sais, je sais. Tu es bien arrogant toutefois. Mais je suis convoquée par le grand tribunal pour apporter mon témoignage. Parce que j’ai tout vu. Même de loin, ma vue est perçante. C’est un des attributs qui m’a permis de l’emporter sur mon adversaire pour diriger la meute.
Pendant cet échange un peu vif, la Kahena s’est éloignée pour ne pas influencer le discours de Tassadit le chacal iferrahen, celle qui réjouit, puisant dans le présent et
dans le passé, avec un esprit d’enfance simple.
– Voici le conte, qu’Allah le rende agréable et l’allonge comme une tresse. Après la victoire de Kossayla, le peuple de la Kahena a bien cru avoir repoussé pour
longtemps l’envahisseur arabe car avec la reconquête de Kairouan, (le camp, n’est-ce pas), édifié pour servir d’appui à l’Islam jusqu’à la fin des temps, les fils de Mahomet, le Prophète béni, semblèrent ne plus avoir d’intérêt pour Ifriqiya pendant plus d’une décennie. Or, voici que survient le redoutable Hassan à la tête d’une armée innombrable, trempée dans le martyre et l’héroïsme. Les clameurs montent et les prières aussi. Tous les dieux sont pris à témoin. Il y a beaucoup de
travail pour les Anges protecteurs comme pour les Anges exterminateurs. Hassan, contrairement à Sidi Okba, fond sur les forteresses et les défait. Il va même prendre Qart Hadasht, la belle Carthage, et chasser pour toujours le royaume de Byzance de la terre africaine.
Suspendant son discours, Tassadit coule un regard de braise vers la Kahena, ondoyant sur elle-même à quelques pas de là, tenant à deux mains ses jupons à présent gris et sales, suaires pour les temps. La femelle retrousse les babines et jappe plaintivement :
– Devant la furie de l’envahisseur, après la mort de Kossayla, une femme s’est levée, sacrée reine sur le champ, adorée de ses sujets qui n’hésiteront pas à mourir pour elle avec la plus grande bravoure. C’est la prophétesse, de la tribu juive des Djeraoua, dans les Aurès, Dihya, qu’on appelle la Kahena, l’Éclairée de
dieu !
La belle guerrière salue à la ronde son auditoire en apparence imaginaire : les siècles la contemplent et elle le sait.
La purificatrice de charognes poursuit sa clameur :

– Hassan est vaincu ! Hassan est vaincu ! La Kahena connaît comme personne les défilés farouches de l’Aurès. Ce ne sont que crêtes étroites enjambant en à pic des
vallées effilées, véritables coupe-gorges ! Elle y attire Hassan qui se croit invincible. Et c’est la déroute des esclaves de dieu sous la vaillance de l’Éclairée du
Précieux. Mais notre Kahena sait, de par son don divin, qu’il n’y aura pas d’autre exploit. Dis-leur donc, Ô Reine, quelle était ta stratégie.
Interpellée, Dihya, les cheveux épars, s’avance vers la foule des siècles, salue par trois fois, se dresse sur la pointe de ses pieds nus et glacés comme si elle cherchait
au loin à distinguer la menace. La voix gutturale de sa terre gronde en elle :
– Les Arabes veulent s’emparer de nos trésors : nos villes, l’or et l’argent, les pierres précieuses, mais aussi nos propres vies pour asseoir leur hégémonie. Alors que nous désirons la prospérité de nos champs pour la dorure des blés et la pâture de nos troupeaux : offrons-leur la tactique des nomades et déçus, ils s’en retourneront chez eux ! Il faut ruiner le pays afin de les décourager. Mes frères d’armes l’ont fait. Imaginez ce qu’était alors notre riante contrée : de Tripoli à Tanger, les villes et les villages se touchaient, tout était immense bocage prospère qui comblait le peuple à satiété. Les Berbères ont été courageux. Ils se sont coupé bras et jambes en abattant les arbres, en détruisant les villes, en brûlant les récoltes, en amassant ruine sur ruine... Il en faut, frères, de l’amour pour sacrifier ainsi ce qui fait son bonheur de chaque jour ! Alors, certains, beaucoup, ont perdu courage et m’ont abandonnée. Car ils avaient faim désormais.
– Parle-nous de celui que tu as pris comme ton fils à la grande bataille de l’Aurès contre Hassan !
– Oui, moi la Kahena, Dihya l’enfant de l’Aurès, je suis allée contre la volonté de mes frères en prenant sous mon aile ce prisonnier abandonné par son cousin Hassan le chien. Lui aussi était un chef, le plus beau et le plus
valeureux au combat que je n’aie jamais vu ! Khaled, c’était son nom et je l’aimais comme une mère peut aimer son enfant. J’ai voulu qu’il apprenne en vivant près de moi qu’il n’y a pas de différence de races, que ces guerres de conquête sont vaines. Que tous les hommes ici-bas sont des frères. Ah Khaled, je t’aimais et tu m’as trahie.
La Kahena plonge alors dans un silence épais, comateux. Pour Grain de bled, sa Numidie bien-aimée touche ici le fond du gouffre. Après une éternité oppressante, la reine berbère élève les bras vers le ciel crépusculaire. Cette fois, elle est toute drapée de bleu avec de lourdes boucles d’argent qui accrochent les derniers
rayons de soleil et les premiers éclats de lune. Une bise rafraîchissante s’est levée. On peut retrouver le goût de l’espoir dans des soirées qui s’annoncent ainsi. La mort est sur toi, Dihya la victorieuse d’un jour ! Tu vas périr de la main de tes frères car ils ont trop faim. Pauvres enfants au ventre impérieux ! Pauvres enfants qui bradent leur liberté pour un quignon de pain !...
Khaled, le visage grave et pur, surgit de l’ombre épaisse, cranté d’un rai de lune. Il n’a pas de remords car il a agi dans le droit chemin de sa conscience.
– J’ai adressé un message à Hassan, le prévenant que les Berbères étaient divisés quant à l’opportunité et au bien-fondé de cette pratique de la terre brûlée et que ma mère, la Kahena se faisait bien des ennemis par son extrémisme. Je l’ai invité à arriver sans délai sur la forteresse de la reine. Cette missive, je l’ai introduite dans
un pain que je donnai comme provision de route à mon messager.
– Quand j’ai vu l’homme s’éloigner, reprend dans un souffle la vaillante Berbère, j’ai vu ma mort. Je me suis griffé les joues. J’ai hurlé : malheureux Berbères, votre
puissance s’en va dans un morceau de pain ! Au matin, j’ai révélé à mes fils la prophétie avec l’annonce de ma mort : les Arabes emporteraient ma tête royale sur un plateau. Tous ont crié et pleuré. Mais tel était le sort qui m’attendait. Pendant ce temps, Hassan fonçait son armée sur nous qui étions plongés dans le désespoir.
La bataille s’engage, vaste folie remplie de bruits, de chocs, de cris, de râles. Auprès du rocher que l’on appelle depuis Bir-el-Kahena – le puits de la Kahena – Dihya tombe. Hassan d’un coup de sabre lui tranche net la tête qu’il enverra à Damas...
Pour longtemps, le Maghreb devient le fief de l’Islam.

Chrétiens en Algérie -

Basilique Notre Dame d'Afrique à Alger
Basilique Notre Dame d'Afrique à Alger

Pourquoi parler d'apostasie quand le christianisme a été la religion première avant d'être islamisés lors de l'invasion arabe ?

Le christianisme s'est implanté au Maghreb vers le IIe siècle et a été supplanté par l'islam au VIIe siècle.

 

On ne peut oublier Tertullien, Augustin d'Hippone, Cyprien de Carthage,Perpétue et Félicité, Salsa...

 

Le christianisme, est né comme toujours de par le monde, dans les synagogues juives où il fut importé par les voyageurs et les marchands, ils se répandit rapidement en Afrique du Nord, essuyant immédiatement de terribles persécutions.
Le sacrifice de Perpétue et de son esclave Félicité, au mois de juillet 203, ne fut que l’une des étapes les plus connues de cette geste sanglante.

 

La persécution romaine, la première attaque officielle contre l'Église africaine, est entérinée par un édit promulgué dès 249 qui oblige les chrétiens à prier pour le salut de l’empereur, et à offrir des sacrifices ou des libations.

Lire ici.

Lors de la colonisation par la France, la question de la nationalité s'est posée avec le Décret Crémieux applicable à l'Algérie, qui accordait la nationalité française aux indigènes juifs, voire aux musulmans à condition de renoncer,non pas à leur religion (comme indiqué sur le site de Wikipedia) mais à la charia, incompatible avec les lois de la République. Une condition logique.

 

Notre-Dame de Santa Cruz à Oran
Notre-Dame de Santa Cruz à Oran

En 770, la dynastie Idrisside qui contrôlait toute l’Afrique du Nord entreprit la destruction de l’église catholique et les dernières communautés chrétiennes berbères s’éteignirent à la fin du 11ème siècle. Mais, dans certaines régions berbères, les femmes ont continué tout au long des siècles à se faire tatouer une croix sur le menton et la représentation d’un poisson, signe distinctif des chrétiens des premiers temps, figure toujours sur le seuil des maisons dans certaines campagnes berbères comme le pays khroumir.

Le Maghreb musulman d’aujourd’hui fut largement chrétien autrefois.

Son nom d’ailleurs signifie le Couchant ou Occident en arabe (Al-Maghrib)

Quand le Maghreb était chrétien (se reporter à ce lien)

Mère de Dieu  avec les Saints de l'Afrique du Nord. Icône à l'église russe de Rabat.
Mère de Dieu avec les Saints de l'Afrique du Nord. Icône à l'église russe de Rabat.