Histoire

Débarquement en Provence aout 1944
Débarquement en Provence aout 1944

L'Armée d'Afrique, par le Gal Faivre

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L’ARMEE D’AFRIQUE et L’ARMEE COLONIALE,des origines à 1962 Les précurseurs.             

 Dans les pays musulmans où elle a exercé sa souveraineté, la France a engagé dans ses armées, comme soldats de métiers, conscrits ou supplétifs, des ressortissants des populations autochtones. En même temps, le gouvernement a souvent confié à l’autorité militaire l’administration de ces populations.              Les premiers musulmans furent engagés dans la Syrie franque par Tancrède en 1108 et Renaud de Chatillon en 1170. 20.000 auxiliaires combattent sous les ordres de Guy de Lusignan contre Saladin en 1187. Recrutés par les Templiers, les Turcopoles sont selon Grousset les Goumiers de la Syrie franque. En 1765 au Sénégal, des Laptots furent affranchis pour participer à la défense de Gorée .             

Le véritable précurseur de l’engagement des musulmans est le général Bonaparte, qui au cours de la campagne d’Egypte en 1798-99, forme le projet de recruter 30.000 auxiliaires. Il limite ses ambitions et utilise des déserteurs turcs et une centaine de cavaliers palestiniens, qui l’accompagnent dans sa campagne de Palestine. Il constitue un régiment de Dromadaires  qui s’illustre sous le commandement de Desaix et Cavalier, et ramène en France, avec femmes et enfants, des Chasseurs d’Orient et des Mameluks de la Garde, qui participent à toutes les campagnes de l’Empire. Plus tard, il lèvera des troupes illyriennes en Dalmatie.               Moins connu est l’épisode du capitaine du Génie Boutin  à Constantinople, qui en 1806 recrute 2.000 turcs et contribue en février 1807 à la défaite de l’escadre anglaise, avant de remettre sur pied l’armée du vizir. En 1808, le commandant Boutin reconnaît les plages de débarquement de Sidi Ferruch, et le capitaine Burel les itinéraires et les fortifications du Maroc. Dans le prolongement de l’expédition d’Egypte, il faut citer le Lieutenant Selve, qui devenu Suleyman Pacha au service de Muhamed Ali à partir de 1805, organise une armée de 130.000 hommes   La conquête de l’Algérie et la colonisation de l’Afrique ouvrent la voie au recrutement de contingents musulmans moins symboliques que ceux de ces précurseurs. 


 La campagne de Tunisie  :      

Jusqu’à la fin de 1942, ce sont les troupes françaises qui encaissent l’essentiel de l’effort germano-italien en Tunisie, le Vème Corps britannique ayant complètement échoué dans sa tentative en direction de Bizerte et de Tunis.            

En février 1943, le IIème Corps américain, jusque là maintenu à l’instruction face au Maroc espagnol, entre à son tour en lice, mais c’est pour subir de plein fouet l’offensive de Rommel, qui vient d’arriver de Libye avec son Africa-Korps. Le résultat est catastrophique pour les Américains, qui, en guise de baptème du feu, subissent une déroute du style mai-juin 1940. Là encore, la division de Constantine du général Welvert encaisse le choc et contribue à l’amortir. Mais à peine Rommel a-t-il effectué sa jonction avec les forces de von Arnim qui tiennent le nord de la Tunisie, qu’il se voit bousculé par Montgoméry et sa VIIIème Armée, et par les forces anglo-américaines du nord, qui sont montées en puissance et qui ont conquis la supériorité aérienne. Le général Alexander coiffe désormais les Ière et VIIIème Armée.            

Début mai, Alexander lance enfin son offensive générale en direction de Tunis. Les forces germano-italiennes capitulent au prix de 230.000 prisonniers.            

 Après que la force L de Leclerc (2.500 hommes) eut débordé la ligne Mareth, le 19ème Corps français, porté à 80.000 hommes, participe à l’offensive générale. La victoire de Tunis est la grande revanche d’une armée battue, privée de tout, et pour finir tenue en suspicion. Ses pertes sont aussi lourdes que celles des Britanniques : 4.500 tués.

L’armée d’Afrique. 

 Lors de la conquête de l’Algérie, des unités de Zouaves et de Chasseurs d’Afrique sont créées dès 1830 et 1831, mais au bout de quelques mois, les Algériens rejoignent leur douar d’origine; on les remplace donc par des volontaires français. Autre formation prestigieuse de l’armée d’Afrique, la Légion étrangère créée en 1831 et qui va transformer le marécage de Sidi Bel Abbès en cité florissante et en terre de culture, avant de participer à la mise en valeur de l’Algérie.

A partir de 1835, des auxiliaires sont recrutés dans les compagnies d’infanterie; ce sont les fameux Turcos, devenus Tirailleurs en 1841, et dont le modèle sera reproduit au Sénégal en 1857, au Tonkin en 1879 et à Madagascar en 1895. Le corps des Spahis est mis sur pied en 1841, et les compagnies méharistes en 1894. Des Bureaux arabes, auxquels succéderont les officiers des Affaires indigènes et sahariennes, administrent les territoires militaires à partir de 1844. En 1908 le Général Lyautey crée les Goums marocains. En 1912 enfin la conscription est instituée, de façon sélective, en Algérie.            

 Auxiliaires ou réguliers, ces combattants ont été engagés au 19ème siècle dans toutes les campagnes militaires de la France, Algérie, Crimée, Italie, Indochine, Mexique,Tunisie et  Madagascar. 8.900 musulmans sont engagés en 1870.           

 Parallèlement, et en partant de l’infanterie de marine, les généraux Faidherbe et Gallieni ont formé des bataillons de tirailleurs, qui, de 1852 à 1892, établissent l’ordre colonial en Afrique occidentale et équatoriale, au prix d’opérations qui eurent leurs heures de gloire mais aussi leur part d’ombre. Créée en 1900, l’armée coloniale (à ne pas confondre avec l’armée d’Afrique) constitue la Force noire sur laquelle le général Mangin fonde les plus grands espoirs.  La guerre de 1914-1918.          

 En Algérie, 172.000 musulmans, dont 85.000 engagés volontaires, sont mobilisés en 1914, soit 3,6% de la population. A leurs côtés, 93.000 Français d’Afrique du Nord et 39.000 Tunisiens sont appelés, et  14.000 Marocains sont mobilisés, dont les trois quarts sont engagés sur les fronts de France ou d’Orient. Au Maroc, Moulay Youssef et les grands Caïds lèvent des auxilaires et des contingents dans les tribus, ce qui permet au général Lyautey d’envoyer 37 bataillons en métropole.          

   Les soldats originaires d’Afrique du Nord se sont dans l’ensemble bien battus.  Décimés par le feu en 1914, les vieux tirailleurs furent d’abord remplacés par des recrues inexpérimentées, dont certaines paniquèrent et refusèrent d’obéir. Le commandement réagit parfois de manière expéditive par exemple en décimant une compagnie tunisienne en décembre 1914. A partir du printemps 1915, ces troupes misérables se transmutent en troupes d’assaut, aptes à manier des engins modernes et à prendre des initiatives.  Les tirailleurs marocains se distinguent en mai 1916 pour la reprise du fort de Douaumont.

Sur le Front d’Orient en 1918, la 1ère Brigade de tirailleurs marocains, renforcée de deux escadrons de spahis, attaque de flanc l’Armée de von Kluck et fait prisonnier le maréchal von Mackensen, commandant en chef du Front sud-oriental (raid d’Uskub). Dix bataillons coloniaux sont engagés sur le front français en 1914, ils sont 42 en 1918, plus 23 dans l’armée d’Orient Les Français d’AFN ont de 12.000 à 20.000 tués, et les maghrébins 36.000 tués et disparus, dont 9.800 Tunisiens et 25.000 Algériens. Les prisonniers, regroupés à Zossen, résistent à la propagande allemande; 5 à 8% d’entre eux cependant s’engagent dans l’armée turque. Aucune mutinerie n’est imputable aux régiments de tirailleurs en 1917. Ils participent à toutes les opérations, et pour les décorations, les tirailleurs viennent juste après le RICM et le 2ème Etranger.  Les drapeaux de 4 RT sont décorés de la Légion d’Honneur, leurs pertes sont supérieures à celles des autres unités d’infanterie.            

 Les maghrébins furent heureusement surpris de l’accueil réservé par les civils français, et en retirèrent l’image d’une France accueillante et solidaire dans le malheur. L’armée fut à son insu un melting pot entre Kabyles, Arabes, Noirs d’Afrique et Indochinois. L’institution militaire devient ainsi un modèle d’intégration et donc d’évolution future. S’ils se sont bien intégrés dans l’armée, ils ne furent cependant pas considérés comme l’égal des Français. Clemenceau accorde alors des avantages aux combattants, il supprime certains impôts et augmente le nombre des représentants musulmans. En 1927 le code de l’indigénat sera aboli. 

  Les successeurs de cette armée servent ensuite dans les unités régulières de Tirailleurs, Spahis ou Chasseurs d’Afrique, en métropole et au Maghreb. En 1953, une trentaine de bataillons nord-africains combattent en Indochine.

Les mobilisations de 1939-45.            

Dès septembre 1939, l’Armée d’Afrique met sur pied 2 divisions marocaines et 12 Divisions d’infanterie d’Afrique sur son propre sol, plus 7 divisions d’infanterie nord-africaine en métropole, soit au total 73.000 Français et 176.000 musulmans. Sur les 400.000 hommes de l’armée de terre en AFN, 170.000 sont engagés en métropole ou au Levant. Les pertes sont de 5.400 tués maghrébins, et 2.700 Européens. C’est dire que les capacités de résistance de l’Afrique du Nord en juin 1940 étaient très amoindries, et que la poursuite de la lutte en AFN était une vue de l’esprit. Cette armée est pauvre en blindés, en avions, en armes anti-chars et anti-aériennes et son matériel est vétuste.  En 1939, 10 divisions d’infanterie coloniale (DIC) sont sur pied, et en novembre 1943, 80.000 Africains sont engagés sur les théâtres d’opérations, au prix de 17.500 tués. Après la défaite de 1940, le général Weygand est nommé Délégué général et Commandant en chef en AFN. Il prépare clandestinement la revanche en exaltant le moral des troupes et en menant deux actions conjuguées : - officiellement, négociation avec la Commission italienne d’armistice en vue d’accroitre les effectifs militaires (passant de 100.000 à 135.000) - clandestinement, camouflage de matériels, de matériaux, de personnels spécialisés ou non (35.000 supplétifs et travailleurs), préparation clandestine de la mobilisation, entraves à la surveillance des Commissions de contrôle. Il s’oppose enfin aux protocoles de Paris négociés par Darlan avec la Wehrmacht.           

  Il est relevé en novembre 1941 à la demande des Allemands; le général Juin lui succède comme commandant en chef et poursuit son action de rénovation de l’armée d’Afrique; il remanie en particulier le plan de défense de la Tunisie. Surpris par le débarquement américain du 8 novembre 1942, il convainct l’amiral Darlan, qui se trouve par hasard en Algérie, d’ordonner un cessez-le-feu aux troupes du Maroc et d’Algérie. Il faut rappeler en effet qu’afin d’éviter l’occupation de la zone libre, les forces françaises d’AFN avaient pour mission de s’opposer à tout envahisseur. Seuls quelques conjurés avaient été prévenus (groupe des 5). 

 Arrivé le 9 novembre, le général Giraud est nommé Commandant en chef, il prépare avec Juin l’intervention en Tunisie, où les Allemands sont en train de débarquer. 240.000 hommes sont mobilisés (16% des Français d’Algérie, 2% des musulmans). En même temps, il donne ses directives au général Frére pour créer l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) en métropole. Après avoir pris contact avec le général Barré (commandant des troupes de Tunisie) et avec le britannique Anderson à la frontière tunisienne, il conclut avec le général Marshall le plan d’Anfa, destiné au réarmement de 8 DI, 3 DB et 4 QG d’Armée et de Corps d’armée, et la livraison de 1.000 avions. La première tranche du réarmement arrive à Alger le 13 avril. Le plan d’Anfa, interrompu en novembre 1943 pour des raisons politique, et par manque de spécialistes, est réduit de 8 à 5 divisions d’infanterie. 

Sans le soutien américain, et sans en référer au général de Gaulle, Giraud organise la libération de la Corse en septembre 1943, avant d’être éliminé, en novembre 1943, de la co-présidence du Comité français de Libération.

Oran,
Oran,

LA REVANCHE DE 1940

 

La campagne d’Italie :           

 Deux divisions françaises, la 2ème DIM et la 3ème DIA, embarquent le 19 novembre 1943.

La 2ème DIM est immédiatement engagée et s’empare du mont Pantano et de la Monna Casale. Le 3 janvier 1944, le général Juin engage la 3ème DIA, qui le 25 janvier entame la conquête du Belvédère, au cours d’une bataille acharnée jusqu’au 1er février (journal du général Gandoët). Mais cette victoire n’est pas exploitée par les Alliés.   

 Le 11 février, la 4ème DMM arrive en Italie, ainsi que trois groupements de Tabors ; elle est dirigée vers la tête de pont du Garigliano. Elle est rejointe en avril par la 1ère DFL, renforcée d’une brigade de Djibouti et baptisée 1ère DMI. Le 4 avril, Juin soumet au général Clark un mémoire visant à déborder Cassino par le Monte Majo, en partant du Garigliano.            

 L’offensive est conduite le 11 mai par la 2ème DIM et la 3ème DIA, qui s’emparent du Monte Majo et de Castelforte. Puis le Corps de montagne (4ème DMM et tabors) fonce à travers les monts Aurunci jusqu’au Petrella. Esperia est atteint le 17 mai. La 3ème DIA repousse une violente contre-attaque et s’empare de Pico le 22 mai. La route de Rome est ouverte. Les Allemands abandonnent Cassino. Le 5 juin le général Juin monte au Capitole aux côtés de Clark.            

 Après la prise de Rome, le CEF dépasse le IIème Corps US et s’empare de Sienne et de San Geminiano le 3 juillet, avant d’être regroupé à Naples, le 23 juillet, pour le débarquement de Provence. Le 17 juin 1944, l’armée de Lattre s’est emparée de l’Ile d’Elbe.

De la Provence à l’Alsace   :         

L’opération Anvil, rebaptisée Dragoon, met en action 2.000 navires; dont 400 bateaux de guerre, organisés en 6 courants maritimes, 1.900 avions, le corps d’armée américain de Truscott, la 1ère division aéroportée anglo-américaine, et l’armée B du général de Lattre.            

Ayant réussi à s’évader de la prison de Riom, de Lattre arrive à Alger le 20 décembre 1943. Il est aussitôt nommé au commandement de l’Armée B, qui comprend toutes les unités stationnées en AFN : 1ère et 5ème DB, 9ème DIC. A partir de juillet, elle est renforcé par les 4 divisions du CEF d’Italie : 1ère DFL, 2ème DIM, 3ème DIA et 4ème DMM.            

 Le 14 juillet, de Lattre installe son PC à Naples et prépare le débarquement. Aux ordres de la 7ème Armée US de Patch, l’armée B débarque en deuxième échelon, mais de Lattre lance aussitôt ses divisions vers Toulon et Marseille, qui sont libérés, après de durs combats, 20 jours avant la date prévue par les plans américains.            

Tout en exécutant le plan US de libération du Languedoc, de Lattre décide de faire traverser le Rhône au IIème Corps d’armée confié plus tard à Montsabert, et de le faire progresser rapidement par la rive ouest, afin de ne pas perdre de temps par rapport aux Américains qui progressent par la route Napoléon. Le IIème Corps participe le 2 septembre à la libération de Lyon, Le 12 septembre, après les durs combats d’Autun, la jonction est faite avec les forces alliées venant de Normandie, et notamment la 2ème DB. Le 1er Corps de Bethouart progresse par Briançon et longe la frontière suisse. 

  Le 19 septembre, l’armée B devient la 1ère Armée française. Elle est coiffée par le 7ème groupe d’armées commandé par le général Devers. Mais faute de ravitaillement en carburant, elle est stoppée le 30 septembre sur une ligne Moselotte-le Thillot- Ronchamp. 

  Pendant 2 mois, le 2ème Corps de Montsabert est fortement ralenti dans les Vosges, ce n’est que le 11 novembre que de Lattre lance le 1er Corps de Béthouart (5ème DB et 2ème DIM) qui prennent Héricourt et Montbéliard et sont les premiers à atteindre le Rhin à Rosenau ( le 19  novembre, quatre jours avant Leclerc à Strasbourg). Belfort est libéré le 28 novembre, mais la poche de Colmar, contrôlée par Himmler, résiste. Les noirs et les maghrébins, souffrant du froid et fatigués par des opérations incessantes, sont peu à peu relevés par des FFI (amalgame de 117.000 résistants et engagés volontaires). L’absence de mobilisation en métropole provoque un certain malaise parmi les soldats de la 1ère Armée. 

  Le 16 décembre, devant la menace allemande des Ardennes, Eisenhower ordonne d’évacuer la plaine d’Alsace. Le général de Gaulle, soutenu par Churchill, conteste cet ordre, et charge la 1ère Armée de défendre Strasbourg. La bataille durera jusqu’au 18 janvier, date à laquelle la 1ère Armée est renforcée par le 21ème Corps US et la 12ème DB US. Le 20 janvier s’engage la bataille pour la libération de Colmar, qui aboutit le 2 février à la prise de la ville par les troupes franco-américaines, et le 7 février, à la libération totale de l’Alsace.

La 2ème Divison blindée :           

 Mieux connue du public que la 1ère Armée, la 2ème DB est créée le 26 août 1943, après fusion des forces combattantes. Mise sur pied dans la forêt de Tamara à partir de 3 unités FFL, elle est recomplétée aux deux tiers à partir des dépôts de l’armée d’Afrique. Une fois complétée et instruite, la 2ème DB est transférée en Grande-Bretagne. Elle débarque le 30 juillet à Utah Beach au sein de la 3ème Armée de Patton. Elle libère Paris, soutient un dur combat à Dompaire, s’empare de Strasbourg et participe à la libération de l’Alsace (pendant 4 semaines), avant d’être engagée à Royan, puis de s’élancer vers Berchtersgaden où elle pénètre en même temps que les Américains. Ses pertes s’élèvent à 4.987 tués, blessés et disparus.            

 Malgré l’apport important en effectifs de l’armée d’Afrique, les relations des FFL ne seront pas toujours coopératives (défilé de Tunis avec les Britanniques, débauchage de combattants, refus de servir aux ordres de de Lattre, 2ème DB engagée à Royan et 1ère DFL (2ème DMI) dans les Alpes du sud). 

 

 Rhin et Danube :          

  S’engageant au nord de Strasbourg, le 2ème Corps franchit la Moder et la Lauter avant de percer la ligne Siegfried et d’atteindre Spire.            

Le 29 mars, le général Devers prescrit à la 1ère Armée de franchir le Rhin. Après des franchissements audacieux à Spire et Gemerscheim, en l’absence de moyens lourds du Génie, la tête de pont française atteint Karlsruhe. De Lattre évite d’attaquer Stuttgart de front, et déborde par la Forêt Noire et le Jura souabe. Freudenstadt est atteint le 17 avril, Tubingen et Reutlingen le 22 avril, Stuttgart le 21 et Ulm le 22. La prise de Kehl par la 9ème DIC permet d’engager le 1er Corps de Béthouart vers le sud. Le 18ème corps d’armée SS, encerclé dans la Forêt noire, tente de faire une percée le 25 avril, il est en grande partie capturé. Le 6 mai la 2ème DIM et la 1ère DB font leur jonction à Saint Anton. Les pertes de la 1ère Armée sont de 14.000 tués depuis le 15 août 1944. Elle a fait 28.000 prisonniers à Stuttgart, 18.000 à Ulm et 15.000 en Forêt noire.           

  Les 19ème et 24 ème armées allemandes capitulent à Garmish et à Inssbruck. Le maréchal Kesselring, commandant le Front ouest, signe à Harr. La capitulation de l’Allemagne est signée le 7 mai à Reims, en présence du général Sevez, et le 8 mai à Berlin, où le général de Lattre figure parmi les quatre vainqueurs. 


 MOBILISATIONS CUMULÉES, comparées à la population

Les estimations des effectifs sont souvent contradictoires, par le fait que les troupes de souveraineté ne sont pas toujours distinguées des forces engagées sur un théâtre extérieur. Quant aux chiffres des pertes, ils additionnent souvent les tués au combat, les disparus, les morts de maladie et par accident, et les blessés non récupérables. Les chiffres des tableaux joints sont donc des approximations qui peuvent être contestées. 

La légende de la chair à canon des combattants musulmans n’est pas confirmée par les statistiques. Les taux de pertes des Européens sont aussi lourds, sauf pour la campagne de 1940 où les Allemands ont fait preuve de racisme envers les Noirs.

Sources :

Les sources utilisées pour les évaluations d’effectifs et de pertes sont les suivantes : - SHAT / documentation pour le 19ème siècle et les campagnes d’outremer, - SHAT (archives) : 7T 134-137, 7T 250, 1H 1375_1376 pour les effectifs de 1954 à 1962 et les pertes de 1940 et 1945, `7T 204, 1H 1402/1, 1H 2708/5 pour les pertes en Algérie. 

ainsi que les ouvrages suivants : 

- AGERON CR. Histoire de la France coloniale .  A.Colin. 1990 pour 1939-40 et 1943-44. 

- AZAN Paul. Conquête et pacification de l’Algérie. Paris 1931. 

- BECKER J.J. La première guerre mondiale. Ed. MA. 1985. - BOISFLEURY Bernard de,  L’Armée en résistance, 1940-1944, Esprit du Livre, 2005. 

 

 - CARLIER C. et PEDRONCINI G. Les troupes coloniales dans la grande guerre. Economica 1997. 

 

- CHAMPEAUX Antoine et GAUJAC Paul. Actes du colloque sur le débarquement de Provence, 2009 - CLAYTON Antony. France, soldiers and Africa. Brassey’s. 1987. 

 

- Colloque SHAT. Les armées françaises pendant la seconde guerre mondiale. 1985. - CORVISIER André. Histoire militaire de la France. Tomed 4. PUF 1994. - DELMAS général. Naissance des Corps indigènes en Afrique,  in L’Épaulette 7/92, p.31. 

 

- Dictionnaire de la seconde guerre mondiale. Larousse. 1979. - DOUCERET B. Paul Gandoët, général. Lavauzelle. 1987. 

 

- FAIVRE Maurice. Les combattants musulmans de la guerre d’Algérie. L’Harmattan. 1996.  - FRÉMEAUX Jacques. L’Afrique à l’ombre  des épées. SHAT. 1995. 

 

 La France et l’Islam. PUF. 1991.  Participation des contingents d’outre-mer aux opérations alliées. Colloque SHAT mai 1985. - GORCE  P.M. de la. L’Empire écartelé, Denoël, 1988 

 

- GROUSSET R. L’épopée des croisades. Plon. 1939. - HURE général. L’Armée d’Afrique. Lavauzelle. 1977. - KASPI  André. Musulmans et Pieds-Noirs sous les drapeaux , L’Histoire n° 140, 1/1991 

 

- LEVISSE-TOUZE Christine. L’Afrique du Nord dans la guerre. A.Michel. 1998. - MASSON Philippe. Histoire de l’armée française de 1914 à nos jours. Perrin 1999. 

- MICHELET Louis Christian. Contribution militaire à l’effort de guerre allié. 1941-1945.       Guerres mondiales et conflits contemporains, 1995. 

 

 La revanche de l’armée d’Afrique, G.de Bouillon, 1998

 

- MEYNIER Gilbert.L’Algérie révélée. Genève 1981, pour 1914-18. - RECHAM Belkacem.Les musulmans algériens dans l’armée française . 1919-1939. Economica. 

 

- SPILLMANN, général. De l’Empire à l’hexagone. Perrin 1981.Souvenirs d’un colonialiste, Presse de la Cité, 1968. 

- VALETTE Jacques. La France et l’Afrique. l’AFN. 1914-1962. Sedes. 1994. 

- VERNET Jacques. Le réarmement et la réorganisation de l’armée de terre. 1943-1962. SHAT. 1980

 

Liens

Annexe

Wildenstein - le centre Bernard de Lattre

La Commune de Wildenstein fait partie de l’arrondissement de Thann, du canton de Saiint-Amarin, de la Communauté de Communes de la Vallée de Saint-Amarin et du Pays Thur Doller.

Située à la porte des Vosges, sa situation est privilégiée et place notre commune à :

> 30mn de Thann > 15mn de la Bresse > 45mn de Mulhouse

Les habitants sont appelés les Wildensteinois et les Wildensteinoises.

Il est un des villages le plus élevé de la vallée de la Thur. Les habitations s'agglutinent le long de la rue principale. Un tronçon de la route des Crêtes empiète sur le territoire communal et le col du Bramont permet de rejoindre la cité vosgienne de La Bresse.

Chapelle Saint-Bernard à la mémoire du fils du Maréchal De Lattre de Tassigny:

Lors d'une visite à Wildenstein, le colonel Crespin avait dit en gravissant le sentier du Pourri-Faing «il devrait y avoir ici une chapelle ». Quelques semaines plus tard, le commandant Cheveau, chargé des travaux à la caserne Lefèbvre à Mulhouse, fit porter un plan établi par un de ses amis, l'architecte Charles Muller, à Madame la Maréchale de Lattre de Tassigny et ainsi commencèrent les travaux de la chapelle, et ce dès le printemps 1954.

Les pierres furent taillées une à une par un jeune soldat originaire de La Bresse, Mr Marcel MENGIN, tailleur de pierres de son état.

Les pierres de grès rose furent apportées de Rouffach pour élever l'autel et daller les marches.

L'autel étant face au peuple, on avait prévu une croix de procession et juste derrière, trois pierres plus importantes furent placées à intervalles réguliers:

- sur celle du centre fut gravée la phrase de Saint-Jean «la plus grande preuve d'amour est de donner pour ceux qu'on aime»

 

- à gauche, «aux soldats de la 1ère Armée Française morts pour la libération de l'Alsace et à leur général de Lattre De Tassigny»

 

- à droite, les dates essentielles de la libération: «Provence août 1944 - Le Rhin novembre 1944 - Colmar 2 Février 1945 - Rhin et Danube, la victoire 8 Mai 1945 »


L'inauguration et la bénédiction de la chapelle eurent lieu le 23 Juillet 1955 et elle prit le nom de Notre Dame de la Joie.

Cette chapelle a été rénovée par le Souvenir Français du Canton de Saint-Amarin et réinaugurée lors d'un office religieux le 20 Août 2004, jour de la Saint Bernard.

Tous les ans à cette date, sera célébré une messe en l'honneur du fils du Maréchal de Lattre De Tassigny tombé en Indochine, à Ninh-Binh le 30 Mai 1951.