Mes rencontres... Amina N'Diaye Leclerc, 3

L’enfer de Kédougou est au feu ce que la Sibérie est au froid.

Quand j’ai rencontré Amina N’Diaye-Leclerc, je me suis dit une fois de plus que j’avais l’Afrique inscrite dans chacune de mes cellules. Je ne crois pas au hasard, pas même à celui de la naissance. Une conviction aussi instinctive qu’irrationnelle me pousse à affirmer que j’ai choisi de naître sur ce continent. Pourquoi ? J’ai ma vie tout entière pour approcher ce mystère. Mais cela explique ma sympathie spontanée pour les gens qui y vivent. C’est quelque chose en moi qui tressaille et me pousse à aller au-devant de ces rencontres. Amina N’Diaye-Leclerc est de celles qui vous chavirent le cœur, donnent du sens aux émotions.

Et Amina m’a conduite jusqu’à Claire, sa mère. Des portes s’ouvrent. Une symbolique à l’humour grinçant pour des femmes qui n’ont pu franchir la seule porte qui leur ait résisté pendant douze ans, celle du camp de Kédougou !

Claire est repartie au Sénégal avec le regret de n’avoir pas eu le temps de me parler de Kédougou. Amina a pris le relai, me confiant des bribes de lettres de son père, publiées dans le fascicule qui accompagne son documentaire  :

Valdiodio N’Diaye, L’Indépendance du Sénégal, coréalisé avec Eric Cloué. Lettres censurées, acheminées, tant bien que mal, grâce à la complicité des épouses lors de leurs visites à Kédougou.

L’histoire, en traversant Amina, est comme un fleuve charriant des monceaux d’émotions, celles de sa mère Claire auxquelles vont s’ajouter les siennes, brutes, sans tamis que seule l’expression artistique permettra d’exprimer et donc de la libérer.

- Comment ceux qui n’étaient pas condamnables ont été condamnés.

Kedougou
Kedougou

 

Tout part du camp de Kédougou. Tout en dérive. Tout y ramène. La vie d’Amina, son expression artistique, trouvent là leur pierre angulaire. De 1962 à 1974.  Douze ans. 

Amina, dans ses confidences, va survoler ces douze années encore aujourd’hui difficiles à oraliser. Douze années ponctuées par les lettres de son père dont sa mère leur donne lecture, le soir au repas, la voix luttant contre les brisures d’un chagrin impuissant mais où l’espoir attend l’aurore.

Le poids des mots pèse sur l’enfant Amina, sur son adolescence qui se voudrait insouciante, semblable à celle de ses camarades. Mais les mots de l’absent s’incrustent, forgent les silences d’Amina.

« Il faut que tu sois courageuse, écrit Valdiodio à sa femme au moment du verdict en 1963,   ce verdict, comment l’as-tu appris ? Sans doute par la radio… Notre honneur est sauf. L’opinion internationale, l’opinion africaine et l’opinion sénégalaise savent maintenant que nous n’avons pas fait de coup d ‘état. Il ya trois semaines que j’ai deviné que nous serions matraqués par la Haute Cour. En effet, le marabout Sérigne Bassirou  M’Backé, beau-père d’Ibrahima Sarr, convoqué par Senghor, s’était entendu dire par ce dernier que la loi ne lui permettrait pas d’empêcher le procès de s’ouvrir mais qu’il attendait que les députés aient fini de prononcer leur verdict pour nous gracier. C’est-à dire que les jeux étaient faits. »

Puis dans une autre lettre à la même période :

« C’est au magistrat professionnel, le président de la Haute Cour, qu’incombe, en principe, la rédaction des jugements qui doivent être motivés. Les difficultés commencent lorsque la Cour prononce une condamnation que le magistrat professionnel a déclaré à l’avance ne pas pouvoir motiver. Dans pareil cas, qui rédige les attendus ? Le fameux adage : à l’impossible nul n’est tenu, est là pour protéger le magistrat. Sont-ce alors les juges politiques qui doivent prendre la plume ? L’intérêt s’accroît et prend des proportions passionnantes lorsque l’on se rappelle qu’au cours de notre procès le Président a pris soin de fustiger toute démarche empruntée à la Mentalité primitive.  Lévy Brulh qui lui a donné ses lettres de noblesse a fini par ne plus croire à sa réalité. Ce que le Président a entendu chasser du prétoire, c’était le raisonnement prélogique, ce qu’il a voulu faire comprendre à tous c’est que les choses ne pouvaient pas être elles-mêmes et autre chose qu’elles-mêmes.  Pendant qu’il parlait, je songeais au fameux article de Maurras : « Vérité - La vérité est intraitable. Elle ne varie pas au fond de son ciel. Ce qui est, est. Ce qui n’est pas, n’est-pas. »

Le Président ayant opté pour la rigueur et rejeté la confusion. Comment ceux qui n’étaient pas condamnables ont-ils été condamnés ? Les règles du jeu sont-elles demeurées  ne variatur (qu'il ne soit rien changé)  du commencement à la fin ? « La rigueur a-t-elle, chemin faisant, troqué son manteau sobre et uni contre le manteau d’arlequin de la confusion ? »

 

Il faut que tu sois courageuse

Valdiodio N'Diaye
Valdiodio N'Diaye

Claire N’Diaye s’enracine dans le combat solitaire de son mari tenu dans l’isolement absolu, au camp de Kédougou, spécialement créé pour ses prestigieux  invités. Senghor, lors d’une interview parlera de  prison dorée ! (Senghor : coup d’état 1962 " un coup d’état dans lequel le vainqueur regrette d’avoir été obligé d’arrêter son adversaire. Une prison dorée sur un ilion rocheux,  au large de Dakar".)

Claire cumule ses droits de visite lors des vacances scolaires pour aller retrouver Vali à Kédougou. D’harassants déplacements qui pèsent sur le budget familial : vol pour Dakar puis affrètement d’un petit avion pour Kédougou à plus de 700 km de Dakar. Le bout du Sénégal. Le bout du monde. Et là une heure, pas une minute de plus, en face de Vali, que le gardien ne quitte pas des yeux. Intensité des regards fondus l’un dans l’autre.  Elle et lui. Amour mutilé. Comme cela. Pour rien, pour permettre à un homme de faire joujou avec le pouvoir. Tant d’êtres ainsi tenus disloqués dans leur parcours pour le bon plaisir de personnages qui laissent leur nom en lettres majuscules dans l’Histoire !

 

(Un jour, fin des années 70, échangeant avec le couturier Louis Féraud, il me rappela son incarcération par la Gestapo. Je  n’ai jamais oublié sa remarque : « Quand tu es en prison, ce qui est terrible, c’est qu’il n’y a pas de poignée à la porte. Tu es tenu dans l’impuissance la plus absolue. » Les aléas de la vie me permettront de vérifier par moi-même cette terrible réalité, ce qui, depuis m’a sensibilisée à la vie dans les prisons. Mais ceci est une autre histoire, ndlr).

 

« Je me souviens, poursuit Valdiodio, de la réunion du Conseil National du parti (qui s’appelait alors le PRA), tenu à Rufsique le 11 septembre 1958, pour savoir s’il fallait voter oui ou non au référendum. Trois tendances s’étaient manifestées. Une tendance largement majoritaire, dirigé par Senghor et Dia favorable au oui. Une tendance dirigée par Ly Abdoulaye, qui estimait que la question ne devait pas être posée car les conclusions arrêtées précédemment à Cotonou, nous faisaient selon lui, obligation d’adopter le non.  Et enfin une tendance dont j’étais le porte-parole, qui estimait que la question pouvait être posée, mais qu’il fallait opter pour le non.

 Au cours de cette réunion, la tendance majoritaire fit un tel chalut, que les porte-parole des deux tendances minoritaires eurent tout le mal du monde pour développer leur point de vue. Je fis valoir que la démocratie est un chœur immense où toutes les notes ont leur place, même les notes dissonantes ; que c’était là, un des plus beaux côtés de la justice politique. Je rappelai le mot de N’Krumah : "choisissez l’indépendance, et le reste vous sera donné par surcroît".  N’Krumah  S’inspire des Ecritures où il est dit : Choisissez le royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera donné par surcroît. L’Indépendance et sa justice ! Non, la justice n’est pas incluse dans ce reste qui est donné par surcroît. Il faut la forger avec son cerveau, avec sa conscience, avec son cœur. Par son versant politique, elle domine et déborde les frontières nationales pour intéresser l’humanité entière. » (Lettre 1963)

Je suis la nuit

Comment pousse l’enfant Amina, nourrie de propos dont l’incandescence puise sa source dans une vie soudain placée dans l’illumination de la foi ? Chaque prisonnier, coupé des autres, est rivé dans son espace, selon un plan précis, une disposition des cases, sortes de cubes qui s’emboitent tout en étant étanches, aveugles.

Bien des années après, un ancien gendarme donnera à Amina un plan qu’il a dessiné du camp. Ce camp dont inlassablement elle incruste ses toiles…

Ces hommes qui ont apporté l’Indépendance à leur pays, qui ont œuvré à sa gouvernance, ces hommes à Kédougou, qui est au feu ce que la Sibérie est au froid,  n’ont qu’un seul droit, celui de cultiver un arbre.

Valdiodio  N’Diaye  plante un citronnier, qu’il verra grandir pendant ses douze années de captivité. Et, assis devant son arbre, Vali prie. Pour ne pas sombrer dans la folie. Une foi profonde a jailli dans ses fibres, lui l’intellectuel de confession musulmane non pratiquant. Miracle de Dieu. Miracle de la vie. Vie têtue, obstinée qui force les portes de la mort, qui arrache la moindre force vive pour durer.

Toute cette histoire se lit dans les toiles d’Amina.  Une histoire qu’elle me raconte comme si elle ne lui appartenait pas. Avant d’avoir suivi une thérapie sur plusieurs années, aucun mot ne parvenait à franchir ses lèvres, mots enfermés, cloitrés, emprisonnés au plus profond de son être.  

Mots prisonniers pour libérer la parole du père…

 -  Je te disais un jour à Dakar lorsqu’on franchit le seuil d’une juridiction politique, on se remémore les mots inscrits à l’entrée de l’univers de Dante : " Lasciate Ogni spenunza" (Il n’y a en moi ni  espoir ni confiance, je suis la nuit).  Et j’ajouterai que lorsqu’au cours de notre procès, je me suis rendu compte que le rite judiciaire s’était exprimé sans contrainte,  je ne me croyais plus dans un univers dantesque.  Je reconnaissais en toute bonne foi que "ce n’était pas la nuit et que cela avait un beau nom et que cela s’appelait l’Aurore". Cette phrase de Giraudoux à laquelle je songeais avant le verdict est la phrase que je viens de lire dans la dissertation du lauréat de philosophie au Concours général : " et le mendiant répond, tourné vers l’horizon de l’avenir : cela a un très beau nom, femme Narsès, cela s’appelle l’aurore". Écoute cette définition de l’avenir : l’avenir n’est pas Eurydice qui meurt à mon regard mais la maison dont j’apporte les pierres. » (Lettre, 1963)

Toile d'Amina représentant le camp de Kedougou
Toile d'Amina représentant le camp de Kedougou

A propos de la « négritude »

Clic pour info sur le camp de Kedougou
Clic pour info sur le camp de Kedougou

En 1966…

«  Je me remémore souvent ce poème de Langstone Hughes dédié au professeur Dubois lorsque celui-ci a été jeté en prison par les impérialistes :

Somebody in Greece… long ago

Gave Socrates the hemlock to drink

Somebody at Golgotha erected a cross

And somebody drove nails

Into the hands of Christ

Somebody spark upon garments

Noone remember their names

(Il y a longtemps en Grèce, quelqu’un empoisonna Socrate/ Quelqu’un au Golgotha dressa une croix, un autre enfonça des clous dans les mains du Christ, un autre cracha sur ses vêtements/ Personne ne se souvient de leur nom.) 

(…)

L’auteur du mot Négritude, Aimé Césaire, a dit que c’est un mot qu’il n’aime pas : La Négritude n’a jamais été rien d’autre qu’une postulation irritée et impatiente de la fraternité. Impatiente parce qu’on nous humiliait et qu’on nous mutilait.  Je me surprends à rêver en annonçant le décès imminent d’un mot. Je me surprends à me laisser aller à la sécrétion du néologisme. Je me dis intérieurement quel avenir attend l’humanité si les Nègres s’extasient devant leur négritude, les Blancs devant leur albanitude, les Jaunes devant leur safranitude.

(…)

 Malraux proclamait il y a quelques années que la tragédie moderne c’est la politique. Hélas en Afrique, la politique ne respecte pas les formes de la tragédie. La hauteur et la grandeur caractérisent la tragédie. Ici, la politique, c’est une tragi-comédie ou de minables cabotins réinventent Shakespeare. » (Lettre 1966)

Je n’en fais pas une tragédie

1967. Aléas des acheminements du courrier…

«  Tes lettres sont gelées quelque part. Mais comme je suis d’une patience que rien de terrestre ne peut entamer, j’attends tout bonnement le dégel. »

Ange déchu aux ailes de géant qui l’empêchent de marcher :

«  Je suis un touriste aux mollets de plomb. Ce sont les journaux qui m’aident à parcourir le monde. »

1970. Des instants de la vie ordinaire…

«  Ces jours-ci, des jeunes gens du bataillon du Génie civil sont venus ajouter 50 cm de béton à un mur qui avait déjà une hauteur respectable. J’ai profité de ce passage pour faire installer dans mon cabinet de toilette, un miroir. Il n’y en avait pas depuis 8 ans que nous sommes là.

Les branches du citronnier que j’ai plantées en arrivant, était en grande partie tombées par terre. Elles sont maintenant soutenues par des pieux de bois de 1,50 m de hauteur. Ma cour s’en trouve élargie  et rafraîchie. Je dispose ainsi d’une sorte de tonnelle sous laquelle il fait bon lire, surtout en période de canicule. » (Lettres 1970)

Valdiodio N’Diaye est malade mais aucun soin  adapté ne lui est prodigué.  Son hospitalisation nécessaire n’est pas à l’ordre du jour :

« Suis toujours à Kédougou. Le médecin et passez me voir. En me quittant il a promis d’envoyer un message à Dakar pour déplorer le retard apporté à mon évacuation et le mutisme opposé à ces messages et aussi pour décliner toute responsabilité qui pourrait en résulter pour ma santé. Sept mois que nous attendons mon évacuation. Mais le Roi Lear, je me surprends parfois murmurer : mon cœur tu te soulèves mais apaise-toi.

Évidemment je n’en fais pas une tragédie. En dépit du retard incompréhensible apporté mon évacuation, je continue de penser que je suis rien d’un pays ou un malade quel qu’il soit, fût-il le plus vil des délinquants de droit commun, a le droit d’être soigné et les autorités compétentes, le devoir d’assurer l’exercice de ce droit. »

Les efforts sont de l’homme, les résultats de Dieu

On imagine aisément la réaction à cette situation, loin là-bas à Carcassonne.  Jusqu’à quand Claire N’Diaye va-t-elle attendre un geste de clémence de la part du président de la république du Sénégal ? Nous sommes en 1971 et Valdiodio est enfin évacué à l’hôpital de Dakar. Pour la première fois, un droit de visite est accordé aux enfants qu’il n’a pas vus depuis 1962. Cela fait dix ans !

« Aujourd’hui les enfants ne verront pas papa. Qu’ils ne s’en fassent pas trop, ils sont maintenant assez grands pour comprendre qu’il n’est pas possible à l’homme d’échapper à son destin. Et surtout qu’ils se pénètrent de la conviction qu’à toute chose Allah a prescrit un terme. Ça a été pour moi, une joie immense de les avoir retrouvés en excellente forme. Les deux semaines que nous avons vécues ensemble ont ravivé ma foi en l’avenir et renforcé notre commun espoir que le jour n’est peut-être pas loin, où nous jouirons de la liberté d’être ensemble sans que cette jouissance simple et naturelle puisse être altérée par un tiers.

(…)

Les efforts sont de l’homme, les résultats de Dieu. Ce qu’il faut donc éviter à tout prix, c’est de croiser les bras. Il faut toujours prendre l’initiative sur initiative, peu importe si elles échouent quant à leur objectif majeur. L’essentiel, c’est de se dire qu’elles sont toujours couronnées d’un succès partiel, à savoir le renforcement de l’inconfort moral où elle place nos geôliers… »

En 1971, quand elle revoit son père pour la première fois depuis dix ans, Amina a vingt ans. Tout en vivant son enfance et son adolescence comme les autres filles, il y a en elle cette part secrète qui dévore son âme : son père existe en un lieu devenu mythique, inaccessible. Sorte de mort-vivant que l’on ne peut tout à fait abandonner au monde des morts, mais qui n’existe pas non plus dans le monde des vivants. Comment se construire dans une telle situation ? Un père dans la seule manifestation de vie se trouve dans les lettres qui arrivent de Kédougou. Ce qui fait dire aujourd’hui à Amina :

- Je ne règle pas des comptes, je me contente d'exprimer ce que j'éprouve. L’image et la parole font partie de ma vie 

Notes...

Valdiodio avec l’aide de Claire et de ses nombreux amis à l’étranger, a pu organiser la campagne de presse qui allait permettre la libération de tous les détenus politique du Sénégal. A partir de 1973, Léopold S. Senghor ne pouvait plus faire un pas hors du Sénégal sans que lui soient rappelées ses promesses de libération faites depuis 1962. Et donc, Valdiodio est libéré le 27 mars 1974. Il reprend sa carrière d’avocat à Dakar. En 1981, il participe à la fondation du MDP (Mouvement démocratique populaire) avec Mamadou Dia, mais s'éloigne de celui-ci en 1983 et rejoint le Parti Socialiste. Lors de l'élection présidentielle sénégalaise de 1983, il apporte son soutien au président sortant Abdou Diouf. Valdiodio N’Diaye meurt l'année suivante, le 5 mai 1984. Il a 61 ans. Il est inhumé à Kaolack son village natal dont il fût pendant longtemps le Maire.

Actualité

Le Conseil municipal de Dakar, en sa séance du 29 mars 2010, a décidé, dans le cadre du cinquantenaire de la Déclaration de l’Indépendance du Sénégal, de rendre hommage à deux éminents acteurs de la lutte menée par le Peuple sénégalais à cette époque : La Place de l’Indépendance » et la « Rue Le Dantec » porteront désormais le nom de Valdiodio N’Diaye. Le Boulevard de la République s’appellera Boulevard Mamadou Dia.
Le président de la République du Sénégal Abdoulaye Wade souhaitant présider l’évènement, le maire de Dakar, Khalifa Sall, attend que la présidence détermine une date : « La Ville organisera les cérémonies à des dates qui seront communiqués ultérieurement, en accord avec les familles de ces illustres personnalités ».
(Source Sununews.com)

Kédougou aujourd’hui : Retour sur le lieu de détention

Kedougou...
Kedougou...

Kédougou  aujourd’hui. A plus de 702 km de Dakar Un centre-ville de quelques dizaines de mètres de diamètre, avec une station à essence de deux pompes et sans toiture, des cailloux à perte de vue et des cases qui font penser à un gros village perdu dans le bled du Sénégal Oriental. Et la gendarmerie en face de laquelle se dresse un bâtiment qui ne paie pas de mine. « La bâtisse est quelconque, presque anonyme, mais elle est chargée d’histoire pour avoir servi pendant douze ans de lieu de détention à l’ancien président du Conseil, Mamadou Dia, ainsi qu’à quatre de ses compagnons, » écrit Ndèye Maguette Sèye (Agence Presse Sénégal)

 

Ce lieu était prévu pour accueillir les premières habitations à loyer modéré (HLM) de la ville. C’est l’ancien ministre Mady Cissokho qui avait suggéré à Senghor d’y envoyer ces détenus », explique un gendarme. Et donc  le Camp pénal spécial a été réaménagé pour recevoir ses illustres hôtes. A l’époque, la prison était divisée en quatre secteurs et il n’y avait aucun contact entre les prisonniers. Un couloir séparait Mamadou Dia de ses camarades d’infortune.

Aujourd’hui, le bâtiment devenu Maison d’arrêt et de correction, a subi quelques modifications. La villa où était détenu Valdiodio Ndiaye sert de bureaux à l’administration pénitentiaire et celles de Ibrahima Sarr, Joseph Mbaye et Alioune Tall sont occupées en partie par le chef de poste de la prison. Le reste du bâtiment abrite les prisonniers de droit commun. Dans l’ancienne cellule de l’ex-président du Conseil qui reste inoccupée, les mauvaises herbes ont poussé. Le plafond a complètement cédé. Les murs sont en pleine décrépitude, des gravats obstruent l’accès. Ce bâtiment est en ruine comme s’il ne veut plus d’un occupant.

NMS/CTN

par Ndèye Maguette Sèye (APS)

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