Mes rencontres... Graeme Allwright

Protest-singer pacifiste

En concert à Samatan (Gers) sept 2008 Maia Alonso
En concert à Samatan (Gers) sept 2008 Maia Alonso

Graeme Allwright côté coulisses

Les 3 concerts de Graeme Allwright se sont joués à guichets fermés. Nous avons rencontré Graeme Allwright en coulisses pour déchiffrer un tout petit peu ce que  dissimule sa grande pudeur et son humilité.

Il nous accueille avec une gentillesse désarmante, tout en surveillant sa montre, ses deux musiciens l’attendant pour la balance avant le spectacle. Mais il se prête avec beaucoup de simplicité au jeu des questions qui, en 40 ans de carrière, ne doivent pas beaucoup varier. Il se réjouit de voir désormais dans les salles un public moins nostalgique et plus  familial :

Je rencontre beaucoup de gens qui me disent vous avez bercé mon enfance… C’est une responsabilité ! 

Ses 1e chansons sont toujours dans son répertoire :

Elles sont encore d’actualité et puis je ne veux pas priver mon public du plaisir de chanter avec moi. 

Il se souvient de ses débuts :

Je n’avais pas de plan. J’ai été dépassé par les évènements. 

Sa première épouse, une comédienne française l’a « mis sur les planches ». Au début il tourne avec une troupe jouant Molière. Mais le théâtre et la musique, ça faisait beaucoup à mener de front :

J’ai dû choisir. J’ai d’abord adapté des chansons que j’aimais bien et je passais dans ces nombreux petits bistros de l’époque comme la Contrescarpe.

Et puis Mouloudji l’a pris sous son aile Et c’est son passage à Bobino, en 1e partie de Barbara qui a sonné son heure de gloire :  

-  Aujourd’hui il y a une telle éclosion de talents, comment peut-on gagner sa vie ? 

 Il est temps, il nous laisse avec un sourire furtif. 

Et toujours la même ligne, musicalement…

Le protest-singer pacifiste a gagné en intériorité sans rien renier de son engagement pour un monde plus juste.

 

De Brest à Besançon en passant par Samatan, Graeme Allwright,  tout simplement envoûtant

Le petit théâtre est dans le noir. Silence. Attente recueilli. Souffle suspendu.  Et le voilà. Graeme Allwright. La silhouette est ascétique. La voix n’a pas vieilli ; elle est seulement plus habitée, tel un fleuve charriant sa foisonnante richesse intérieure. Cette voix qui martèle les mots en douceur, toujours patinée du parfum d’accent de sa Nouvelle-Zélande natale. Il est là, en chair et en os, toujours pieds nus, parce que la scène c’est le sol sacré où il déploie ses convictions humanistes. Il est accompagné du guitariste Eric Manana et du contrebassiste Dine Ralcotomanga. Et c’est avec Sa Marseillaise qu’il entame le récital :

- Pour tous les enfants de la terre/Chantons amour et liberté./Contre toutes les haines et les guerres/L'étendard d'espoir est levé/L'étendard de justice et de paix.

Le ton est donné, le public adhère avec enthousiasme. Graeme Allwright ne fait pas que chanter. Il dit son amour des gens qui viennent le voir, l’écouter, qui ne l’oublient pas mais vibrent encore et toujours à ses interprétations sensibles, sincères. C’est cette sincérité émergeant du profond de son être solitaire et ardent, qui passe la scène, ricoche sur les gradins, frappe au cœur. On écoute les chansons qu’on a aimées et les nouvelles qu’on aime déjà. A la fin du récital, on a du mal à s’extraire de l’ambiance, on traine devant la halle aux grains. On se regarde, on se sourit. On est revenu à l’époque heureuse de  Peace & love, du contest-song pacifique dont Graeme Allwright reste le troubadour.

Et lui, l’artiste, dans sa loge, replie ses affaires : il a bien fait son travail, il peut continuer. A Samatan, son public est tombé une fois de plus en amour.

©Maia Alonso (articles parus dans La Dépêche du Midi 19/09/2008)

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