Arlette Bénazéraf, artiste peintre - Lombez (Gers)

Arlette Bénazéraf : « Peindre… on se sent porté par quelque chose qui nous dépasse : c’est jubilatoire »
Arlette Bénazéraf : « Peindre… on se sent porté par quelque chose qui nous dépasse : c’est jubilatoire »

Entretien

"Erotissimo", la démarche créatrice d'Arlette Bénazéraf-

Du 15 septembre au 3 octobre 2015, Arlette Bénazéraf, une artiste peintre lombézienne, expose à la Nou’Arts Galerie d’Auch. Elle est reçue par Alain Cheymol, fin amateur d’art, également découvreur de jeunes talents. Une disposition qu’elle partage. Le vernissage aura lieu vendredi 18 septembre à 18h30.

 - Quel a été le point de départ de cette exposition ?

J’ai présenté le jeune peintre africain Leopold Segson à Alain Cheymol. Conquis par son talent, il l’a invité à exposer en décembre. Et puis mon travail l’a intéressé… Cela fait plusieurs années que je planche sur le thème  retenu : « Erotissimo ».

 

-  Quel est votre angle d’approche de l’érotisme ?

J’ai réfléchi à toutes les formes de l'érotisme au quotidien, distinguant le versant féminin et le versant masculin, via la littérature donc mais aussi le cinéma, la presse. Les caractéristiques, ce qui rapproche et ce qui est divergeant. Le livre d'Alberoni  - « L’érotisme » a été fondamental  dans ma réflexion. Il définit l'érotisme comme « deux désirs qui se manifestent en dehors des interdits ». De là mon envie de peindre des personnages qui pour moi sont érotiques, c'est-à-dire qu’ils éveillent un désir. Roland Barthe dit « l’érotisme c’est quand un vêtement baille »… ET il y a aussi le jugement esthétique. L’émotion provoquée. Ca peut être très fugace, un moment profond et léger qui va bouleverser… différentes images se mettent en place et là je fais un choix entre elles.  C’est ainsi qu’est née et se crée ma série de Femmes depuis plus de deux ans.

 - Le fond joue un rôle majeur dans vos toiles ?

C’est en effet très graphique, en opposition à des formes voluptueuses, sensuelles mais indissociables. La fonction du fond c’est de mettre en valeur la peinture certes, mais il doit souligner le contraste ou la dualité esprit-chair. Cette exposition résulte d’une maturation de ma réflexion qui a provoqué l’énergie de la création.

©Maia Alonso, 10 septembre 2015

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Commentaires : 1
  • #1

    denise lassartesse (jeudi, 10 septembre 2015)

    il y a en Arlette une manière d'être totalement libre et éternellement jeune. Je ne suis pas étonnée qu'elle essaie de traduire l'érotisme à sa manière, à travers les corps, mais aussi dans l'observation des petits riens quotidiens, le léger, le chaud, le froid, le fugace, l'imprévisible donné à ressentir à tous ceux qui, comme elle, sont pénétrés du mystère de la vie. Une paire de godillots sous ses pinceaux devient somptueuse et remplit le spectateur d'un profond respect pour son travail, mais aussi pour ce petit supplément d'âme qu'elle immisce en chacun, cette petite voix qui, sans elle, serait restée au bord de la conscience sans avoir jamais eu l'occasion de s'exprimer ouvertement. Le talent d'Arlette est là, dans ce qu'on voit, et dans ce qu'on ne voit pas.