Mes rencontres... Les éditions du Chèvre-feuille-étoilée

Des deux rives de la Méditerranée, Behja Traversac, Edith Hadri, Maïssa Bey et Marie-Noël Arras offrent un espace d’écriture aux femmes du Nord et du Sud. Mektoub !
Des deux rives de la Méditerranée, Behja Traversac, Edith Hadri, Maïssa Bey et Marie-Noël Arras offrent un espace d’écriture aux femmes du Nord et du Sud. Mektoub !

A l'occasion du Salon du livre à Paris les 21, 22 et 23 mars, les Editions du Chèvrefeuille étoilée seront présentes avec onze de leurs auteures. L'occasion de rappeler leur parcours et leurs réalisations.

 

Et puis, en apparté, elles viennent de publier ma nouvelle "La chaussure" dans leur revue littéraire : Etoiles d'encre sur le thème "la légèreté".

 

Elles vous attendent au salon du Livre de Paris 2014:

newsletter-salon-du-livre--de-paris-2014-50Chères lectrices, chers lecteurs,
C’est le 14e salon du livre pour Chèvre-feuille étoilée, 14ème fois que nous vous donnons rendez-vous !
Mais cette année 2014, est très particulière puisque nous sommes désormais avec La Différence diffusion/distribution Volumen, un diffuseur qui croit en nous et nous ouvre la porte de la cour des grands.
Rendez-vous donc sous l’emblème de la Différence en M14 où vous rencontrerez le collectif des 11 éditeurs.
Pour cette occasion 8 auteures et 11 livres en signature.
Quel lien entre elles, seulement des femmes publiées au Chèvre-feuille étoilée ? 
Non, toutes mettent les êtres humains et surtout les femmes au cœur de leur écriture. Elles s’interrogent, les interrogent, les imaginent, les désirent… libres, fortes, combattantes, créatrices… Elles cherchent toutes à comprendre, comprendre leurs destins, leurs passions, leurs douleurs, leurs inquiétudes, leurs joies…

Une maison d’édition sur la crête des vagues

« … Derrière les murs les plus hauts, dans les prisons les mieux gardées, ce sont les mots qui ouvrent des brèches, parviennent à débusquer les mensonges, à éclairer, ou plus exactement à forcer les consciences. » Maïssa Bey (lire en fin de ce reportage).

Elles sont quatre. Quatre nanas qui ont réalisé le pari fou de lancer une passerelle humaine et littéraire par-dessus la mer... De ce pari sont nées les éditions « Chèvre-feuille étoilée », le 18 janvier 2000, une formidable aventure. Nananews les a rencontrées juste avant le salon des éditeurs indépendants qui a lieu en cette mi-novembre, à Paris.

Quatre femmes remarquables qui nous disent leur parcours, leurs rêves, leurs difficultés, et nous font partager leur formidable enthousiasme. Maïssa Bey (responsable de la collection romanesque) qui se trouve en Algérie,  nous a confié quelques lignes (voir en fin de ce reportage), dans lequel elle relate ce qui l’a rapprochée et lui a permis de contribuer, depuis sa naissance, à l’aventure de « Chèvre-feuille étoilée ».

Elles sont devenues éditrices comme on se jette à l’eau sans savoir nager. N’est-ce pas une histoire de Mare nostrum qui unit ces quatre femmes ? Avec la foi des militantes, elles ont décidé de bâtir ensemble une Maison pour accueillir la parole des femmes, celles du Nord mais surtout celles du Sud, plus défavorisées en matière de liberté d’expression.

Et c’est d’abord la revue Etoiles d’encre qui verra le jour, recueil de nouvelles signées de noms illustres ou inconnus, gérées par Behja Traversac (rédactionnel) et Marie-Noël Arras (mise en page). Le dernier numéro, sur le thème du « masculin féminin », vient tout juste de sortir et sera présenté à Paris lors du 9e salon des éditeurs indépendants à l’espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple 75004 Paris (stand  B11) du 18 au 20 novembre.

Tout commence par une rencontre, le récit de trois d'entre elles

Behja Traversac (présidente et responsable coll. essais):

Contrainte à l’exil d’Algérie au cours des années 90, je me suis installée à Montpellier parce que j’y avais des amis chers. J’y ai rencontré Marie-Noël et Edith, également obligées de quitter l’Algérie, et Maïssa qui nous y retrouvait lors de manifestations culturelles et/ou amicales et solidaires. C’est donc d’abord lors des actions de solidarité menées en faveur des Algériens et surtout des Algériennes que nous nous sommes connues et avons mené diverses actions dans une association de solidarité avec les femmes d’Algérie.

Après la dissolution de l’association et puisque l’Algérie et la littérature nous avaient déjà rapprochées au cours de ces années, nous avons souhaité poursuivre ce lien entre nous, l’Algérie et les livres. Quoi de mieux que de créer un outil qui nous permettrait de maintenir et consolider ce lien ! Nous avons eu l’idée de cette maison d’édition associative en commençant par la création de la revue Etoiles d’Encre. Bien entendu cette initiative nous a  rapprochées encore davantage et depuis plus de onze ans nous menons ensemble cette bataille. Car c’en est une. Depuis le début nous avons élargi l’idée première d’une relation avec l’Algérie à la Méditerranée et aujourd’hui sans aucun critère de frontière géographique.

Edith Hadri (responsable de la gestion et de la communication)

Ayant vécu à Sidi-Bel-Abbès en Algérie jusqu’en 1994, je connaissais Maïssa et Marie-Noël. A mon arrivée à Montpellier, j’ai rencontré aussi Behja. En 2002, après divers petits boulots, alors que je venais de donner ma démission à un employeur très désagréable, par hasard, j’ai croisé Marie-Noël qui recherchait quelqu’un pour s’occuper de l’aspect administratif et commercial de l’association. C’est ainsi que je me suis retrouvée à Chèvre Feuille Etoilée et que j’y suis toujours…

Marie-Noël Arras (responsable de la publication et coll. beaux livres)

Je suis arrivée à Montpellier où mes deux filles étudiaient, en décembre 93 après les menaces contre les étrangers en Algérie. J’ai rapidement rencontré des femmes dont Behja qui désiraient apporter leur soutien à celles restées là-bas et nous avons donc créé ensemble une association. Ayant parallèlement fait une formation et trouvé un travail comme lectrice à haute voix et assistante du metteur en scène, j’ai axé mon aide sur la promotion de la littérature algérienne et en particulier celle des femmes avec le premier roman de mon amie de longue date, Maïssa Bey. Nous avons eu l’idée de créer une petite plaquette de textes le 8 mars de chaque année et c’est là que j’ai fait mes premières mises en page et c’est tout naturellement que j’ai continué au sein de notre maison d’édition. D’ailleurs nous avions déjà demandé une contribution à Leïla Sebbar qui a été notre première marraine. C’est elle aussi qui a suggéré d’ajouter « étoilé » au nom du « Chèvrefeuille » qui vient d’un petit texte que j’avais écrit un 8 mars 1999. Nous avons ajouté un trait d’union pour justifier le « e » de étoilée (chèvre est au féminin et feuille aussi) qui est la marque de notre volonté de donner la parole aux femmes.

La lecture, terre de rêve

Chacune arrive avec son histoire, une vie professionnelle sans rapport avec l’édition. Behja qui a fait un troisième cycle de sociologie (licence à Alger puis DEA à Paris VII), a travaillé dans le journalisme en Algérie au début des années 70 pendant ses études. Et, jusqu’à son départ, elle était chargée d’études dans une grosse entreprise publique, puis responsable du département formation dans une autre entreprise : Mais, depuis l’enfance la lecture a été mon échappatoire, ma terre de rêves, une de mes « plus belle histoire d’amour,   dit-elle.

Edith, pour sa part, a fait des études d’histoire de l’art à Lyon  A son arrivée à Alger en 1971, elle est documentaliste pour un projet de la FAO. Enseignante de français dans divers lycées en Algérie, elle créée également un atelier de confection pour enfants puis  revient au livre en tant que bibliothécaire. De retour en France, ce seront des petits contrats : une bibliothèque universitaire, une association d’enseignement de langues étrangères…

Marie-Noël a été éducatrice scolaire en France. Elle a fait une maîtrise de Français Langue Etrangère et enseigné à de nombreux étrangers à Sidi-Bel-Abbès puis à Montpellier avant de travailler dans une association culturelle.

Une revue qui tisse du lien entre les femmes

Bejha et Maïssa
Bejha et Maïssa

Behja Traversac  nous parle des difficultés auxquelles elles ont été confrontées, notamment  le manque de connaissance du secteur de l’édition et le manque d’argent:  

« Il faut avouer qu’aucune de nous n’avait jamais travaillé dans une maison d’édition et la tâche a été rude. Nous nous sommes formées sur le tas au fil des écueils, des erreurs et heureusement des réussites. Nous voulions offrir un espace d'écriture et de parole aux femmes ; rassembler du rêve, de l’imaginaire, de la mémoire mais aussi de la Rencontre. Une revue qui tisse du lien entre les femmes de toutes les rives de la Méditerranée nous en paraissait le meilleur moyen. »

Cet objectif est atteint. La revue Etoiles d’Encre offre, deux fois par an, 300 pages, et parfois plus, aux voix de femmes de la Méditerranée et à celles d’autres régions du monde. Dès la deuxième année de la naissance de la maison d’édition, elles ont créé une collection romanesque puis deux autres collections (essais et beaux livres) et, l’année dernière, une collection poche qui prend racine… Leurs livres sont également distribués en Algérie.

Behja poursuit :

Nous n’avions pas le moindre sou lorsque nous avons décidé de démarrer ce projet. C’est surtout la direction de la culture de l’ex-Fas, aujourd’hui l’Acsé, qui nous a fait confiance et permis un réel démarrage. Cela s’est fait sur une épreuve du numéro Un de la revue Etoiles d’Encre. Cette épreuve a plu et nous avons été financièrement soutenues.

La belle aventure dans laquelle elles se sont embarquées avec audace et ferveur a également été source de joies. Behja se souvient des vives satisfactions vécues :

- Ces joies, on peut dire que c’est, d’une part, le nombre d’écrivaines reconnues qui n’ont pas hésité à collaborer avec notre maison. Pour exemple, en dehors de Maïssa Bey qui est partie prenante du projet et de Leïla Sebbar qui a toujours été à nos côtés, qui a dirigé deux livres collectifs chez nous et publié de nombreux textes dans Etoiles d’Encre, on peut citer Cécile Oumhani, Sophie Bessis, Karima Berger, Claude Ber, Janine Teisson, Wassyla Tamzali, Annie Cohen, Alice Cherki… et une prestigieuse marraine Hélène Cixous ! D’autre part, et nous y accordons la plus grande importance, de très nombreuses  « anonymes » font la chair de la revue Etoiles d’Encre qu’elles ont élue comme demeure d’écriture. Elles apportent aussi aux collections la richesse de leurs multiples talents. On y rencontre de magnifiques écritures telles celles de Christine Détrez (Rien sur ma mère, de deux choses l’une), Catherine Rossi (Les lettres de Tamanrasset ; Alger ; Et la lumière en ces jardins) ou Valéry Meynadier (Ma mère toute bue ; Centaure) …

Quant aux critères d’édition, « Chèvre-feuille étoilée », étant une maison d’édition de femmes, ce sont des textes de femmes qu’elles publient :

- C’est l’ossature de notre ligne éditoriale. Nous éditons, rassemblés dans les collections spécifiques, des fictions comme on vous l’a dit, des textes d’opinion, des récits de vie, des questions d’actualité, des textes aussi sur des personnages célèbres tels Camus, Franz Fanon, Edward Saïd…  

Un comité de lecture procède à la sélection des textes pour la revue et pour les manuscrits afin de préserver la qualité littéraire et l’intérêt des ouvrages.  Quant à la promotion de leurs publications… :  

Les « petites » maisons d’édition sont confrontées à l’écrasante concurrence des « grandes » maisons et à leurs moyens infiniment supérieurs. Ainsi, des auteures talentueuses, publiées dans une petite maison sont méconnues. Il faut se demander si le succès commercial d’un livre est la garantie absolue de sa valeur littéraire !  Nous gardons un souvenir très fort du premier roman que nous avons publié Tres de Mayo, un premier aussi de l’auteure Michèle Juan i Cortada, une grande fresque de la guerre d’Espagne superbement racontée.

Face à l’essor du livre numérique à lire sur un écran, elles sont lucides. Elles envisagent de numériser des titres parus, un an après leur parution papier :

- Nous aimons le livre papier parce qu’il y a un rapport quasi charnel avec ce qui est un objet vivant, complet à lui tout seul, que l’on peut feuilleter avec les mains, qu’on transporte avec soi, qui est sur la table de chevet ou au bureau, dans le séjour… Cependant, nous avons commencé à numériser la revue en Wobook. 

Nous croyons vraiment à ce que nous faisons

Bejha et Marie-Noël
Bejha et Marie-Noël

Et puis, quelques réflexions communes :

« Nos rêves ? Une reconnaissance plus juste du talent de quelques unes de nos auteures, qui ne pèchent ni par l’écriture, ni par la force des sujets traités et qui auraient un vrai succès dans une maison d’édition « reconnue » ou ayant les moyens d’en faire la promotion. Et bien sûr une reconnaissance du travail aussi bien éditorial que technique et esthétique de nos livres.

 

Nos révoltes ? L’amenuisement des aides au secteur culturel et notamment à la petite édition et donc à l’émergence sur la scène littéraire de livres et d’auteures magnifiques et qui, de plus, par manque de visibilité médiatique, restent dans l’ombre. Heureusement des auteures et des blogueuses, sur de nombreux blogs dont certains partenaires de Babelio, nous envoient de très belles chroniques sur nos livres et sur notre maison. A preuve celui qui aujourd’hui nous donne la parole : le webmag Nananews.fr …

 

Notre foi? Si nous avons tenu onze ans avec des conditions matérielles difficiles, des budgets très serrés, des déceptions dues à la méconnaissance par la presse, surtout nationale, de notre travail etc. nous en déduisons que nous croyons vraiment à ce que nous faisons et au développement de la maison d’édition. Les obstacles ne nous ont jamais arrêtées, au contraire, ils nous ont donné plus de combativité. »

Annexe - De Maïssa Bey : « Des mots et des rêves »

Maïssa Bey
Maïssa Bey

Maïssa Bey confie :

« Montpellier. 2000. Trois femmes mettent en commun leurs rêves… Sans autre désir que celui de donner la parole aux mots, les « mots dits, mots tus » pour reprendre le thème de l’une de nos revues… et par là de briser la conjuration du silence, des silences. Parce que les rêves… surtout les rêves de femmes ! Dangereux, les rêves ! Impossibles à bâillonner ! Même sous l’étouffoir des tyrannies les plus féroces !

Mais commençons donc par le commencement. C’est l’histoire d’une amitié. D’abord.

J’aurais pu commencer comme cela. « C’est l’histoire de trois femmes que rien ne prédestinait à se rencontrer… » Mais justement, en essayant simplement de revenir sur notre histoire, je me suis rendue compte que tout, oui, tout nous prédisposait à nous rencontrer et surtout à aller à la rencontre d’autres femmes.

Depuis toutes petites… comment pourrait-on dire ça ? Mais est-ce vrai ? Bien sûr, on peut le dire maintenant. Puisque la revue « Etoiles d’encre », est là, puisque les mots, les nôtres, les vôtres, sont là. Et voilà. L’essentiel, les mots. Et les questions. Toutes les questions auxquelles depuis toutes petites… voyez, j’y reviens !

Mais remontons le temps…

Loin, très loin, dans un village, sur la rive Sud (il fallait que ce mot soit dit ; là, c’est fait…, pourquoi ? parce qu’il est tout de soleil et de chaleur, n’est-ce pas ?) de la Méditerranée, vivait une fillette dont le prénom à lui seul rayonnait déjà. Avec des rêves plein la tête. C’est une fillette qui écoute, observe, se nourrit de mots, même de ceux qu’on ne lui apprend pas. Peut-être aurais-je dû écrire surtout de ceux qu’on ne veut pas lui apprendre… Mais qui, avec une intuition précoce aiguisée par le soleil et les silences sait déjà. Oui, cette fillette sait déjà que les mots des hommes n’appartiennent pas qu’aux hommes. Une fillette qui, parce que sa mère en est le vivant exemple, parce que qu’un père juste et droit lui ouvre le chemin, apprend peu à peu que le savoir peut forcer les portes et délier les liens. Et qui s’obstine, oui… aller loin, franchir les frontières, plus loin encore, jusqu’au bout de cet horizon si vaste, si lumineux que l’on veut dérober à toutes celles que le destin a fait naître femmes…

Pendant ce même temps, une autre fillette, patiemment elle aussi, silencieusement, s’acharne à déjouer les pièges de ce même destin qui vient parfois frapper aux portes et fracasser des vies. Comment ? Comment conjurer la peur, toutes les peurs ? Comment subvertir une réalité trop souvent intolérable ? Comment la rendre plus acceptable, plus vivable ? Parce qu’autour d’elle il n’y a que la guerre, la violence, l’absence et les silences. Où est le refuge ? C’est alors qu’elle s’est accrochée de toutes ses forces aux mots. Parce que, elle l’apprendra très vite, derrière les murs les plus hauts, dans les prisons les mieux gardées, ce sont les mots qui ouvrent des brèches, parviennent à débusquer les mensonges, à éclairer, ou plus exactement à forcer les consciences.

Et maintenant, enjambons la mer ! Voici la troisième. Imaginez une petite fille vivant en Normandie. Des rêves plein la tête elle aussi. Dévoreuse de mots, dévoreuse de livres. L’Afrique, disait-elle.  Pourquoi l’Afrique ? Le Sud ? À cause du soleil ? De la chaleur ? Encore ? Non, pas seulement. Parce que là-bas, elle le savait, des hommes se battaient pour conjurer le malheur et alléger la détresse et la misère de ceux qui souffrent. Des hommes dont le combat trouvait un écho auprès de cette fillette, confrontée elle aussi au silence, mais très vite engagée, déjà dressée contre les injustices et la violence, toutes les formes de violence, et qui prêtait une attention aiguë et parfois douloureuse aux autres, à la souffrance des autres. Un peu comme si elle avait la prescience de ce que serait sa vie à l’heure des choix.

Car c’est terrible, ce pouvoir qu’ont certains mots, vous n’avez pas remarqué ? Si, si, j’en suis sûre ! Dressez donc l’inventaire de ces mots qui un jour ont croisé votre route… des mots qui se sont logés dans un coin et s’y sont incrustés. Comme une provision d’ailleurs et de possibles pas même entrevus mais qui font des trouées de lumière dans la grisaille des jours, et délivrent……

Mais… attendez la suite…

D’abord quatre, puis trois, puis de nouveau quatre parce qu’est venu le temps pour Edith de nous rejoindre… quatre femmes, et enfin toutes les autres…

Il arrive qu’un jour, fatalement, les routes se croisent… Destin ? Mektoub, dirons-nous plutôt. C’était écrit. Cela nous va très bien…

Behja, de Maghnia à Oujda, à Oran, puis Alger et enfin à Montpellier. Marie-Noël, de Falaise à Flavy-le-Martel, Reims, Montpellier, Giromagny jusqu’à Sidi-Bel-Abbès en repassant par Montpellier. Maïssa, de Boghari à Ténès, puis à Alger et enfin à Sidi-Bel-Abbès… Et puis Edith, de Viviers à Lyon puis Alger, Djelfa, Tiaret, Médéa puis à Sidi-Bel-Abbès et enfin à Montpellier.

Et, voici qu’un soir de l’an 2000, à Montpellier… mais vous connaissez déjà l’histoire, nous vous l’avons déjà racontée…

Et nous voilà avec vous, depuis onze ans… mais sans aucun doute depuis bien plus longtemps que cela. Parce nous en avons aujourd’hui la certitude. Vous toutes qui nous avez rejointes, soutenues, qui avez partagé, qui partagez avec nous « le sel » comme l’on dit ici pour désigner nos hôte (esse) s – celles qu’on accueille chez nous, mais aussi celles qui nous reçoivent dans leur demeure de mots – vous toutes avez été des fillettes à la tête farcie de rêves, de désirs et de mots, les mêmes sans doute que ceux qui nous font vibrer…

Et tiens, si on jouait à ça ? Le jeu des mots ? Pour retrouver les parfums de l’enfance.

Quel est votre mot préféré ? Je ne serai pas surprise de vous entendre prononcer l’un de ceux qui me viennent aussitôt à l’esprit… alors, soyons nombreuses à les dire ! Toujours et partout… »

Son premier roman, « Au commencement était la mer » a été publié par Marsa éditions en 1996. Elle n’a pas cessé d’écrire depuis. Elle a confié un texte sur Camus « L’ombre d’un homm

Bibliographie de Maïssa Bey

Derniers titres de Maïssa Bey, hors ses écrits pour le théâtre et livres collectifs :

  • Puisque mon cœur est mort, éd. de l’Aube, 2010
  • L'Une et l'autre, éd. de l'Aube, 2009
  • Pierre, sang, papier ou cendre, éd. de L'Aube, 2008
  • Bleu, blanc, vert, roman, éd. de l'Aube, 2006
  • Surtout ne te retourne pas, roman, éd. de l'Aube, 2005

Ce reportage a été publié dans Nananews le 16 novembre 2011.

Agenda du Salon du livre 2014

Dédicaces :

Maïssa Bey, vendredi à 18h samedi et dimanche à 15h
Cécile Oumhani, samedi à 11h
Dominique Godfard, dimanche et lundi à 14h
Janine Teisson, vendredi à 14h, samedi à 18h et dimanche à 19h
Janine Gdalia, vendredi à 16h et samedi à 14h
Fariba Hachtroudi, dimanche à 11h
Sophie Taam, samedi à 16h et dimanche à 18h
Fawzia Asaad, vendredi, samedi et dimanche à 17h

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Commentaires : 2
  • #1

    Michèle (lundi, 10 novembre 2014 19:32)

    Enfin retrouvé sur ce site un article de Nananews que j'avais beaucoup aimé en son temps et que je voulais relire, sur cette courageuse, cette fantastique maison d'édition si proche de notre cœur à nous toutes, les errantes de la Méditerranée. N'Est-ce pas Mahia ?

  • #2

    maia-alonso (lundi, 10 novembre 2014 19:48)

    L'avantage de mon site est bien là, rassembler mes articles qui sinon seraient évaporés... Et oui, une vaillante maison d'édition !!